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15/02/2010

Précarité à la Mairie de Paris

Intervention de la CGT de la Mairie de Paris

 

« Dans votre bilan social, vous indiquez que vous vous engagez résolument contre la précarité. Or, le vécu des agents non titulaires nous semble bien loin de votre affirmation.

  1. Vous estimez le nombre de non titulaires à 9.6 %, alors que nous sommes au moins 15 et 25 % comme dans la fonction publique territoriale !
  2. Vous sous estimez la réalité de l’emploi précaire. De nombreux collègues cumulent plus de 20 contrats courts de 1 mois, avec la peur à chaque instant de ne pas être renouvelés, alors qu’ils exercent un travail de manière permanente. Ils s’investissent souvent davantage pour garder leur place, jusqu’à ce que du jour au lendemain, l’administration les mette à la porte « après les avoir pressurés comme des torchons ». Et comme ils apprennent souvent le dernier jour, leur non renouvellement, ils se retrouvent sans moyens, avec des indemnités qui tombent très tardivement, avec des difficultés pour le logement, la garde des enfants…. Cette pression au travail, cette menace du chômage et la non reconnaissance du travail accompli, sont le quotidien de la majorité des non titulaires.
  3. Mais, vous surestimez votre politique de dé précarisation : « Ce bilan a permis d’évaluer l’effort consenti par la Ville pour résorber l’emploi précaire ». Vos propos confirment que pour vous, reconnaître les non titulaires et leur permettre moins de précarité, c’est un « Effort » ! Alors que pour nous, c’est le minimum ! Mais en effet, ce n’est que par l’action et la détermination des agents que vous avez dû consentir des déprécarisations :

Pour preuve, dans l’animation, vous avez accordé des contractualisations de faux vacataires, grâce à la mobilisation, sachant qu’ils exigeaient mieux : une titularisation… Aux affaires scolaires, c’est aussi par la mobilisation continue du syndicat et de celles que le Parisien a nommé « les petites mains de la ville de Paris », que des titularisations sont arrachées.

De votre côté, il vous arrive à l’inverse, de faire passer des contractuels vers des vacations. A titre d’exemple, aujourd’hui même, vous avez demandé à 2 directions (Voirie et finances), de reconduire pour la même activité permanente d’adjoint administratif des contractuels en vacation jusqu’au 31 décembre 09, sachant que cela faisait entre 2 et 5 ans que nos collègues s’investissaient dans leur travail. Nous sommes évidemment contre ces méthodes méprisantes et qui mettent nos collègues dans une précarité totale !

Nous sommes étonnés que vous vous targuiez d’avoir vite mis en place le CDI au bout de 6 ans, sachant que nous avons encore des collègues qui n’y ont toujours pas accès. Il y a quelques mois, un vacataire ayant 20 ans d’ancienneté obtenait enfin, avec nous un CDI !

A ce sujet, pour la CGT, la vraie réponse à la précarité de l’emploi et la continuité des services publics, c’est le statut. Le CDI ne doit pas permettre d’éviter de titulariser les personnes qui peuvent l’être comme nous commençons à l’entendre dans certains services. Le CDI doit être au mieux utilisé comme une étape dans l’attente et la victoire d’une nouvelle loi de titularisation par le haut, de la reconnaissance de nouveaux emplois. Il doit aussi permettre à nos 6000 collègues « non européens », de gagner en stabilité étant donné que la Fonction publique territoriale leur est toujours inaccessible !

Enfin, nous tenons à vous dire notre crainte, que vous utilisiez davantage de salariées non titulaires à temps incomplet, ce qui renforcerait le nombre de travailleuses pauvres à la ville de Paris. Nous demandons, l’intégration des agents de la restauration scolaire, afin d’harmoniser les conditions de travail et d’emploi vers le haut pour tout le personnel, et d’aller vers des temps complets pour toutes.

Dans un contexte d’explosion du chômage il est urgent qu’un employeur public comme la Ville de Paris s’engage dans une politique volontariste de dé précarisation qui ne se fasse ni au dépend des non titulaires existant, ni au dépend du service public en :

  • Programmant un plan de titularisation de tous ceux qui le sont immédiatement comme par exemple les agents de ménage, les dames de cantines, les animateurs, les vacataires permanents de la Dac…
  • Accompagnant l’intégration (examen professionnel/formation/concours) des non titulaires, jusqu’au bout : Si certains ne réussissent pas du premier coup les concours, nous sommes contre leur licenciement, il faut continuer à les accompagner…

    Sur les contrats aidés, rappelons qu’ils contribuent à déréguler le marché du travail. Souvent, nos collègues mal payés et peu considérés, effectuent des activités utiles, à moindre coût, qui ne sont plus pourvues par manque d’effectifs, par des fonctionnaires. Nous exigeons une perspective de titularisation, l’accès aux formations longues (Cap petite enfance par ex), une politique de formation des tuteurs comme cela se fait dans de grandes entreprises !

    Sur les « nouvelles missions » de services publics, il faut que la Ville étudie des reconnaissances de métiers avec les effectifs et formation attenants (comme par exemple les emplois dans la démocratie locale/ animateurs de conseil jeunesse, politique de la ville/développement durable…).
  • Respectant scrupuleusement la loi pour embaucher les non titulaires
  • Arrêtant des mises au chômage ! En 2008, c’est + de 35 % des bénéficiaires de l’assurance chômage. Outre le coût humain, c’est 11 969 991 d’euros d’assurance chômage ! Cet argent aurait pu servir à des formations, des titularisations !
  • Appliquant « A travail égal, salaire égal ». Face aux inégalités d’évolution salariale, la CGT demande un détail des salaires des non titulaires et l’ouverture de discussions pour réduire en toute transparence ces injustices.
  • Protégeant plus : Lorsqu’un agent non titulaire est malade, la Ville doit le payer, à charge pour elle de se faire rembourser par la sécurité sociale par la mise en place de la subrogation. Nous demandons aussi plus de protection pour les non titulaires malades, ou accidentés du travail, car nombreux sont non renouvelés, ce qui traduit encore une gestion purement comptable et sans respect de la santé des personnes de la part de la Ville

    Premier respect des précaires, vous devriez réunir les Commissions Consultatives Paritaires le plus rapidement possible afin d’apporter des réponses aux situations de précarité qui se vivent, elles, dans l’instant.

    Enfin, comme vous promouvez l’égalité entre les hommes et les femmes, étant donné que plus de 80 % des non titulaires sont des femmes, travailleuses pauvres, leur permettre de se stabiliser en emploi, d’obtenir un vrai statut, sur du temps complet et avec un déroulement de carrière ce serait, pour nous, un pas concret pour l’égalité. »

    A nos remarques, nous n’avons pas eu de réponse. Ce silence doit nous convaincre que c’est en continuant à nous organiser et à lutter que nous nous ferons respecter !

Impôts à Paris : les mensonges de Delanoé-Hidalgo

Delanoé-Hidalgo : encore des mensonges ! Parisiennes, Parisiens, il faut encore payer!

Les contribuables parisiens, qui doivent s'acquitter de leurs feuilles d'impôts locaux, ont une bien mauvaise surprise. Qu'on en juge : pour les propriétaires, la taxe foncière augmente en moyenne de 30 % par rapport à l'année dernière. Quant à la taxe d'habitation, dont le montant a été notifié en octobre, la hausse moyenne est de l'ordre de 9 %. Et ce n'est pas fini. Le maire de Paris a d'ores et déjà promis pour l'année 2010 une hausse de même importance. Ainsi, avec l'évolution prévisible des bases d'imposition et l'inflation, la hausse moyenne des impôts locaux approchera les 25 % en deux ans ! Record historique, toutes catégories.

Si le maire de Paris est contraint de frapper aussi lourdement, c'est en raison du dérapage incontrôlé depuis 2001 du train de vie de la Mairie de Paris. À l'arrivée de Delanoë, celle-ci comptait un peu moins de 40 000 agents. Huit ans plus tard, ils sont plus de 50 000. Les dépenses de personnel ont augmenté de 45,7 % et l'endettement de la ville et du département a quasiment doublé. Quant aux dépenses de communication, elles ont augmenté de 62 %… Pour tenter de masquer ces dures réalités, dans le dernier numéro du journal À Paris, diffusé à tous les foyers parisiens aux frais du contribuable, le maire de Paris, préfaçant un dossier «fiscalité», écrit : «Trois principes nous guident dans cette démarche : rationalité et exigence dans notre gestion, justice fiscale et transparence.» Parlons-en ! Le maire de Paris affirme que pendant huit ans les taux des impôts locaux sont restés stables. C'est faux. Plusieurs impôts ont augmenté : la taxe de balayage (+ 11 %), la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (+ 18 %), la taxe de séjour (de 3 à 40 % selon les cas), pour ne prendre que ces trois exemples.
«Conformément à ce que nous avions annoncé publiquement avant les dernières élections municipales, nous appliquons pour cette nouvelle mandature une hausse maîtrisée des impôts, strictement limitée aux deux premières années. Autrement dit, c'est à une nouvelle stabilité fiscale que je m'engage devant vous» (sic !) M. Delanoë est sans doute le seul à pouvoir considérer qu'une augmentation en une seule année de 30 % de la taxe foncière et de 9 % de la taxe d'habitation relève d'une bonne maîtrise de cette évolution. Quant à la stabilité sur laquelle il s'engage, rappelons que les taux d'imposition parisiens ont atteint cette année leur plus haut niveau historique.
La très forte hausse de la taxe foncière s'explique par la création d'une nouvelle taxe foncière départementale qui aurait pour objet de faire disparaître, toujours selon M. Delanoë, «une profonde injustice fiscale». Rappelons que Paris est la seule ville de France à être à la fois commune et département.
Par ailleurs, le maire de Paris prétend que cette taxe foncière ne frappe que les propriétaires et exempte les locataires. C'est oublier que les propriétaires occupants sont nombreux à Paris et que tous les locataires connaîtront rapidement la répercussion sur leur loyer des hausses subies par les propriétaires. Pour justifier toutes ces hausses, le maire de Paris, inventeur de la double peine fiscale, évoque régulièrement une dette de l'État dont le montant, fluctuant depuis plusieurs mois, serait aux dernières nouvelles de 312 millions d'euros. Malgré nos questions précises, aucun élément n'est venu étayer une telle somme. À l'inverse, nous constatons que les concours de l'État ont augmenté de 25 % entre 2001 et 2008, alors que durant la même période l'inflation était de 14,7 %.
On le voit, malgré tous les efforts de son abondante communication, le maire de Paris ne parvient pas à justifier de telles hausses. Mais le plus inquiétant, c'est qu'il n'entend en rien modifier sa politique et le rythme des dépenses de la collectivité parisienne. «Poursuivre et amplifier une politique sociale parmi les plus dynamiques de France», nous dit-il ! Si l'on comprend bien, il s'agit de dépenser toujours plus et de ne rien réduire du train de vie de l'Hôtel de Ville : le contribuable paiera…
Élus UMP à Paris, nous concevons notre action en termes d'opposition constructive. En décembre dernier, lors du vote du budget 2009, nous avions proposé de ramener l'augmentation moyenne des impôts de 9 à 4,5 %, preuve tangible de notre sens des responsabilités. Le maire de Paris a bien entendu fait rejeter par sa majorité notre proposition. Mais, on le voit bien, avec des hausses d'une telle brutalité, les Parisiens, déjà touchés par le coût de la vie très supérieur à Paris que dans le reste de la France, n'admettront pas une hausse supplémentaire d'un impact comparable pour l'année prochaine. Que tous les contribuables parisiens se manifestent et se joignent à nous pour exiger que le maire de Paris renonce en 2010 au matraquage fiscal supplémentaire déjà annoncé.
(1) Signataires : Jean-François Lamour, président du groupe UMPPA au Conseil de Paris et député de Paris ; Philippe Goujon, Président de la Fédération UMP de Paris et Député-Maire du XVème arrondissement, Christine Lagarde, Ministre de l’Economie et des Finances et Conseiller de Paris, Pierre Lellouche, secrétaire d'État chargé des Affaires européennes et conseiller de Paris ; Jean Tiberi, député maire du Ve arrondissement de Paris ; Rachida Dati, députée européenne et maire du VIIe arrondissement de Paris ; Claude Goasguen, ancien ministre, député maire du XVIe arrondissement de Paris ; Bernard Debré, député de Paris et conseiller de Paris du XVIe arrondissement ; Françoise de Panafieu, députée de Paris et conseillère de Paris du XVIIe arrondissement ; Catherine Dumas, sénatrice de Paris et conseillère de Paris du XVIIe arrondissement ; Jean-François Legaret, maire du Ier arrondissement de Paris et président de la commission des finances du Conseil de Paris ; Jean-Pierre Lecoq, maire du VIe arrondissement de Paris ; François Lebel, maire du VIIIe arrondissement de Paris ; Brigitte Kuster, maire de XVIIe arrondissement de Paris ; Laurence Douvin, 1re vice-présidente du groupe UMPPA au Conseil de Paris ; Jean-Jacques Giannesini, vice-président du groupe UMPPA au Conseil de Paris.

Salles de shoot de la Mairie de Paris

La folle idée de Delanoé-Hidalgo : Salles de shoot à Paris !

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"Salles de conso", "piqueries", "drogatoriums" ou encore "salles de shoot", les mots ne manquent pas pour désigner des lieux qui pourtant n'existent pas encore en France : des endroits où les toxicomanes pourraient consommer crack, héroïne, cocaïne, dans une relative sécurité et un accompagnement compassionnel… De quoi s'agit-il en réalité ? De cacher les toxicomanes dans des centres, sous couvert de prise en charge médicale ? D'imposer, au nom d'une soi-disant réduction des risques, l'implantation de lieux permettant aux "accros" de venir se piquer dans un espace réservé, financé par la collectivité et géré par des travailleurs sociaux ? C'est cela, la grande idée de M. Le Guen, médecin, parlementaire et membre du conseil d'administration de l'APHP, pour améliorer la santé de nos concitoyens : leur proposer des lieux afin que les drogués puissent continuer à se détruire, dans la discrétion et rester entre eux, dans un espace qui leur serait dédié.
Sous prétexte de lutter contre les overdoses, le sida, l'hépatite C, les partisans de ces salles en appellent clairement à la reconnaissance du statut "d'usager de drogues" plutôt qu'à un objectif de sevrage qui seul devrait être poursuivi. Toutes les expériences menées à travers le monde, notamment en Suisse et en Allemagne, démontrent que l'ouverture de ces salles de consommation, bien loin d'aider les toxicomanes, aggrave le problème à plusieurs titres. Elles encouragent l'augmentation de la consommation voire même l'initiation de nouveaux usagers qui, rassurés par la présence de personnel médical, vont oser prendre plus de risques avec des doses plus fortes. Elles contribuent au maintien d'une habitude, au lieu d'inciter l'utilisateur à arrêter. En effet, l'existence de ces lieux peut être interprétée comme une acceptation tacite de la société de l'usage de substances pourtant illégales, particulièrement chez les jeunes qui peuvent y voir une certaine légitimation de cette pratique. Ce qui est en soi un paradoxe. Enfin, les risques de troubles à l'ordre public, à proximité de ces salles, qui attirent dealers et usagers, sont évidents. En résumé, pour un bénéfice très discutable, la mise en place de telles structures revient à donner le sentiment que les pouvoirs publics accompagnent la consommation des drogues, ce qui d'un point de vue moral est inacceptable et tout à fait condamnable tant dans cette proposition que dans celle de Daniel Vaillant de dépénaliser le cannabis ou des Verts, de légaliser l'ensemble des drogues. Quant à ceux dont le métier est de soigner, ceux qui s'efforcent de prévenir l'usage des drogues, quel signe d'encouragement vont-ils voir dans ce compromis fataliste et immoral ? La lutte contre la toxicomanie est un enjeu de santé publique. Elle doit mobiliser l'ensemble des acteurs publics. Non par la création d' "anti-chambres de la mort " qui seraient des prémices à la reconnaissance, la légalisation ou la dépénalisation de l'usage des drogues, et ne sont en aucun cas des réponses porteuses d'espérance.
L'objectif est de réduire la consommation et prévenir la dépendance, en accompagnant les usagers à sortir de la drogue et non en leur en facilitant l'accès ! La consommation de drogue est illégale. Elle est un chemin de souffrance pour l'homme, celui de la fragilité, de la vulnérabilité, de la désespérance, de la détresse, de la misère, de la maladie qui peut mener à la mort. Elle est un chemin d'incompréhension pour les familles.

Elle est une gangrène. Il faut la combattre dans toutes ses dimensions, par une combinaison d'approches répressive et judicaire, sanitaire et sociale, économique et financière, éducative et familiale, et sur tous les fronts, mondial, national, local.

Il faut que chacun se mobilise pour informer, améliorer la prise en charge des malades, l'efficacité des soins, l'écoute des familles mais aussi les sanctions. Chacun doit prendre conscience de la nécessité d'agir ensemble, sans exclusive et sans tabou mais surtout sans oublier les vies brisées, les familles déchirées, les promesses gâchées parce qu'un jeune, un enfant souvent, aura croisé un jour le marchand de la mort... Ayons à cœur de démontrer aux plus fragiles que l'Etat est décidé à les protéger contre le poison des paradis artificiels, contre l'instrumentalisation dont ils ont fait l'objet. Aujourd'hui les toxicomanes aux opiacés sont déjà, dans leur grande majorité, pris en charge par le système de soins. Une priorité s'impose plus que jamais : lutter efficacement contre la consommation, particulièrement chez les jeunes. Et cela, nous ne le ferons pas en leur offrant de nouveaux moyens d'y pourvoir. L'ambition est ailleurs, elle est dans la prévention, l'information. Elle est également dans la coopération judiciaire et policière, sans oublier l'aide aux familles et à la réalisation de leurs projets pour les jeunes. C'est la lutte en amont des routes de la drogue qui doit mobiliser. Il faut agir sur son accessibilité et non en encadrer l'usage. C'est là l'essentiel du combat qui doit nous animer.

Nous disons non à l'idée inacceptable de M. Le Guen qui permet à la majorité municipale parisienne de se donner bonne conscience en adoptant une solution "humanitaire" qu'elle croit pleine de compassion… seul argument pour justifier l'injustifiable...

Jean-François Lamour, président du groupe UMPPA Conseil de Paris

Philippe Goujon, député UMP de Paris et conseillère de Paris

Anne-Constance Onghena, conseillère de Paris

14/02/2010

Logement en Ile de France : les mensonges de Huchon

L’organisation institutionnelle de l’Ile-de-France ne permet pas d’appréhender les sujets à bonne échelle.

En effet, les politiques conduites commune par commune ne permettent pas toujours de réduire les fortes disparités existantes, notamment en matière de mixité sociale : concentration de logements sociaux dans certaines villes, absence d’offre à prix modéré (qu’elle soit publique ou privée) dans certaines zones notamment centrales.

La région a donc un rôle majeur à jouer, en termes d’incitation et de péréquation, pour favoriser l’apparition d’une offre équilibrée sur l’ensemble du territoire francilien.

La campagne de communication mensongère de la région qui annonce financer 100 logements par jour

Jean-Paul Huchon a présenté une campagne de communication de la région sur la « priorité au logement social », avec ce slogan : « chaque jour, la région finance 100 logements supplémentaires pour les Franciliens ».

Sur les 24 600 logements sociaux financés en Ile-de-France en 2008, la région a financé environ 8 000 logements, pour une dépense totale de 110 millions d’euros. On estime à 65% la part des logements « neufs » donc « supplémentaires ».
Lorsque Jean-Paul Huchon évoque 100 logements par jour il est donc très loin du compte : la région finance environ 25 logements par jour, soit le quart de la cible.

Chiffres clefs sur le logement en Ile-de-France

La sous-production de logement s’aggrave en Ile-de-France. L’Ile-de-France représente environ 18,7 % de la population mais produit moins de 10% des logements. Le SDRIF de 1994 prévoyait la production de 53 000 logements par an mais la moyenne entre 1994 et 2007 s’élevait à 36 600.

La part de l’Ile-de-France dans la production de logement ne cesse de baisser. Entre 1998 et 2007, la part de l’Ile-de-France dans la production de logement a fortement diminué passant de 13,7% à 9,2%, à l’inverse d’autres régions comme Rhône-Alpes.

Les prix de l’immobilier augmentent alors que le logement est le premier poste de dépense des ménages franciliens (24% du budget des ménages).

Les prix des logements sont en forte croissance depuis 10 ans :

- Pour les propriétaires, une hausse continue sur le prix des transactions :
o logements anciens : +250% en 10 ans
o logements neufs : +56% entre 2001 et 2008
- Pour les locataires, une hausse continue des loyers privés :
o En 2006, le loyer de relocation à Paris (17,7 euros/m2) et sa proche banlieue (13 euros) reste toujours deux fois plus élevé qu’en province (7,9 euros)
o En 10 ans, il a été multiplié par 2 à Paris, 1,7 en proche banlieue et 1,5 en province.

Le nombre de logements pour les étudiants est insuffisant. En 2008, l'Ile-de-France accueillait 585 962 étudiants représentant plus du quart des effectifs français, alors que l'offre de logements étudiants en résidences spécifiques était de 8,5 places pour 100 étudiants, dans un marché marqué par des loyers élevés.

91,5% des étudiants, soit près de 540 000 étudiants, sont obligés de loger soit dans des appartements privés souvent chers, soit chez leurs parents. La part de logements sociaux pour 100 étudiants gérés par les CROUS est de seulement 2,8 logements pour 100 étudiants (moyenne nationale de 8 logements CROUS pour 100 étudiants).

Logement social :

Le logement social représente un parc de 1,2 million de logements en Île-de-France.

Plus de 24 600 logements locatifs sociaux ont été financés en 2008 en Île-de-France, pour un montant de 281 millions d’euros d’aides budgétaires. Il faut ajouter :

• 1 600 logements accordés par la « Foncière Logement » dans les communes présentant un déficit de logements locatifs sociaux,
• 4 100 logements locatifs sociaux financés par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine au titre de la reconstitution de l’offre liée à la rénovation urbaine.

Au total, ce sont plus de 30 000 logements locatifs sociaux qui ont été financés en 2008 en Ile-de-France.