20.09.2007

LA SNCF plombe la dette de l'Etat

Ça pèse sur l’estomac : la dette publique de la France vient de prendre 8,2 milliards d’euros d’un seul coup. L’office européen de statistiques, qui collecte et harmonise les données venues des différents pays de l’Union européenne, a en effet demandé à Paris d’intégrer dans ses comptes le "service annexe d’amortissement de la dette" de la SNCF (SAAD).

Ce dispositif avait été créé le 1er juin 1991 pour satisfaire à une directive européenne sur le transport ferroviaire. Depuis, l’Etat l'alimentait chaque année pour lui permettre de faire face aux échéances.

Dans l’océan de la dette de la France, ces 8,2 milliards d’euros ne représentent pas grand-chose : moins de 1% du total, qui se monte désormais à 1150,3 milliards exactement. Pourtant, ces 8,2 milliards en plus ont une importance considérable. Ils éloignent encore un peu plus la France des critères édictés par le pacte de stabilité.

Ce dernier oblige les Etats membres de la zone euro à stabiliser leur dette au-dessous de 60% de leur PIB. Or la dette de la France, avant le nouveau fardeau de la SNCF, s’établissait déjà bien au-dessus, à 63,7%. Avec ces 8,2 milliards, elle passe à 64,2% du PIB.

Du coup, voilà le gouvernement obligé de revoir le calendrier de réduction de la dette, fourni à la Commission européenne. En clair, à revenir sur les engagements pris.

Jusqu’à présent, Paris avait promis de stabiliser sa dette en 2007 au niveau de 2006. Ce sera bien le cas… mais à un niveau plus élevé, donc. Le gouvernement espère arriver à 64% en 2008, alors qu’il tablait sur 63,6% auparavant. Et la perspective de revenir sous les 60% en 2010 au mieux, en 2012 au pire, apparaît de moins en moins crédible.

Maigre consolation : le déficit public, lui aussi surveillé par Bruxelles, devrait mécaniquement diminuer un peu. Avant les nouvelles règles comptables, le versement annuel de l’Etat à la SAAD pesait entièrement sur ce déficit. Désormais, cette soulte sera décomposée entre deux parties. L’une correspond à des paiements d’intérêts, effectivement incorporés dans le calcul du déficit. L’autre au remboursement de la dette elle-même, qui ne l’est pas.

Encore le grêve à la SNCF ?

C'est le 17 octobre que le gouvernement connaîtra sa première épreuve de force avec la fonction publique. Revue des troupes.

Les cheminots appellent à la grève
Les fédérations de cheminots CGT, FO, la CFTC, Sud Rail et la CGC entendent ainsi "agir et peser sur l'avenir du régime spécial de retraite, la situation du fret SNCF et l'emploi". C'est ce qu'a annoncé mercredi soir Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots, à l'issue d'une réunion interfédérale. L'UNSA, la CFDT et la Fgaac - agents de conduite - vont quant à eux consulter leurs instances avant de décider de leur éventuelle participation. 

Xavier Bertrand, ministre du travail, a précisé mercredi que la réforme des régimes spéciaux de retraite, y compris celui de la SNCF, devra être terminée d'ici la fin de l'année. Une concertation, qui devra durer deux semaines, a déjà débuté afin de préciser "les principes communs de l'harmonisation" de ces régimes spéciaux avec le régime de la fonction publique, comme l'a demandé Nicolas Sarkozy mardi.

Les électriciens et les gaziers hésitent...
Pour le moment tout seul, FO énergie-mines a appelé jeudi les électriciens et gaziers à faire également grève le 17 octobre, contre la réforme des régimes spéciaux et la fusion Suez-GDF. De leur côté, les syndicats CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC et FO de l'Energie, réunies mercredi soir en interfédérale, avaient indiqué dans un communiqué commun qu'ils "n'excluaient pas de s'associer à une journée d'action nationale le 17 octobre prochain". Ils ont prévu de se revoir "dans les jours qui viennent" pour définir les modalités de cette éventuelle journée d'action.

... les fonctionnaires aussi
Les syndicats de fonctionnaires, qui ne sont certes pas concernés par la réforme des régimes spéciaux mais ont vivement dénoncé le discours de Nicolas Sarkozy mercredi, doivent se réunir vendredi pour arrêter une stratégie commune et décider d'une grève éventuelle. Ils se sont dit "choqués" par les propos du président de la République, dénonçant une "attaque" contre la fonction publique et "l'absence de réponses" sur le pouvoir d'achat, leur principale revendication.

Les agents de la RATP n'y vont pas, pour le moment
Les syndicats de la RATP n'appellent pas à la grève pour l'instant, mais n'écartent pas une mobilisation prochaine contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. C'est ce qu'ils ont indiqué jeudi après une réunion interfédérale. "On est dans le principe d'un rassemblement et d'une information aux salariés", a déclaré Didier Lepahin de l'UNSA-RATP, 2e syndicat de l'entreprise. "Nous ne voulons pas faire grève comme le voudrait Sarkozy pour défendre nos soi-disant privilèges, mais souhaitons un rassemblement plus large", a poursuivi Cyril Brown, de la CGT bus-RATP, premier syndicat de l'entreprise.

11.09.2007

Néovélo : les vélos à assistance électrique

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Monsieur le Maire a assisté le 26 juin 2007 à l’inauguration de la première boutique parisienne Neovelo qui a ouvert ses portes rue de Cronstadt dans le 15ème, aux abords du Parc Georges Brassens.

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Réforme des régimes spéciaux: Sarkozy tranchera le 18 septembre

Après l'annonce, dimanche, par le Premier ministre que la réforme des régimes spéciaux "était prête", le président Sarkozy a précisé qu'il se prononcerait le 18 septembre sur cette réforme. Les syndicats s'inquiètent, l'UMP approuve et l'opposition se divise.

La réforme des régimes spéciaux annoncée dimanche par François Fillon sur Canal + a entraîné un flot de réactions, tant chez les partenaires sociaux que dans le monde politique. Et surtout l'annonce par Nicolas Sarkozy qu'il ferait part de sa décision concernant les régimes spéciaux de retraite "le 18 septembre", à l'occasion d'un discours devant les journalistes sociaux. "J'ai été élu pour mettre en oeuvre des réformes profondes pour moderniser la France, et ces réformes se feront", a précisé Nicolas Sarkozy lors d'un point de presse à l'issue du sommet informel franco-allemand de Meseberg.

Dimanche, François Fillon avait précisé que la réforme sur les régimes spéciaux de retraite était prête et que le gouvernement attendait le "signal" du président Nicolas Sarkozy. Selon le Premier ministre, il s'agira "d'aligner les régimes spéciaux sur celui de la fonction publique" et non de reprendre les règles en vigueur dans le régime général pour les salariés du privé.

La CFDT prévient qu'il faudra tenir compte de l'avis des partenaires sociaux : "si le gouvernement a décidé de passer en force, il y aura un conflit majeur y compris avec la CFDT, on ne pourra pas accepter qu'une telle réforme se fasse sans dialogue et sans concertation". Le leader cédétiste s'est toutefois dit "favorable à discuter d'une évolution des régimes spéciaux de retraite, pour une raison simple: si on ne fait pas évoluer ces régimes, ils seront en faillite et les retraites des personnels ne seront pas versées".

Côté FO, son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, a estimé ce lundi sur BFM que François Fillon avait "donné l'impression d'avoir chargé les missiles et d'attendre que le président de la république appuie sur le bouton". "Il y a un problème de méthode et de contenu. Sur la méthode, on nous laisse d'abord entendre qu'il y a un décret; après le porte-parole du gouvernement dit "non, il n'y a rien de prêt"; et dimanche le Premier ministre dit "ça y est, on est prêt"", s'est étonné Jean-Claude Mailly.

Pour Jean-Christophe le Duigou (CGT), proche de Bernard Thibault, la déclaration de François Fillon constitue une "perversion complète de l'idée de dialogue social. Nous considérons que ce dossier comme les autres doit faire l'objet de négociations, or que constate-t-on ? C'est qu'on nous propose la négociation sur la base déjà d'un texte déjà ficelé". Et d'ajouter : "Qu'il y ait égalité (des retraites) ou que l'on vise l'égalité, c'est absolument nécessaire, mais l'alignement sur le plus bas n'est pas l'égalité".

A l'issue d'un entretien avec le ministre du Travail Xavier Bertrand, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a d'ailleurs prévenu lundi que "si le gouvernement continue sur la même voie, à la fois par l'impréparation sur les contenus et en procédant par le fait accompli, nous allons vers des complication évidentes, il risque d'y avoir du sport et pas seulement dans les stades de rugby". Le responsable de la centrale communiste a précisé que Xavier Bertrand avait voulu présenter un profil "rassurant". Le ministre du Travail n'a néanmoins pas dévoilé la forme sous laquelle une réforme des régimes de retraite spéciaux serait engagée.

Dans le camp politique, Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP, s'est montré plutôt confiant sur l'issue de la réforme des régimes spéciaux de retraite, car "les esprits ont mûri". Et il dit ne pas croire à une mobilisation comparable à celle de 1995 lorsqu 'Alain Juppé avait tenté une réforme du même type.

Du côté du PS, Manuel Valls, député de l'Essonne, a approuvé le principe de la réforme. Selon le député-maire d'Evry, "il faudra aligner les régimes spéciaux sur le régime général. C'est une question d'équité et une question financière". Il a toutefois mis deux conditions: "il faut privilégier la négociation, éviter la brutalité et il faut un passage au parlement". Il a aussi demandé que soit intégrée "la question de la pénibilité du travail". Pour autant, le député socialiste a ajouté qu'il ne fallait pas "faire croire aux Français qu'on règlera le problème des retraites uniquement à partir de la réforme des régimes spéciaux". Il a souhaité aussi qu'on "ne pointe pas du doigt les fonctionnaires". Manuel Valls a affirmé que "beaucoup de dirigeants socialistes murmurent" le même avis.

Tonalité voisine, mais avec des nuances, auprès du secrétaire national Benoît Hamon qui a estimé, au nom du PS, qu'une réforme des régimes spéciaux de retraite était "nécessaire", mais a exprimé son "inquiétude sur la méthode du gouvernement". "Une réforme est nécessaire, elle doit être négociée et construite avec les partenaires sociaux", a-t-il ajouté. Le porte-parole a marqué le désaccord du PS avec le député "rénovateur" Manuel Valls, député de l'Essonne, qui s'est dit "favorable à l'alignement" des régimes spéciaux sur le régime général, tout en posant des conditions. "On ne dit pas oui" à cet alignement, a déclaré Benoît Hamon, appelant les socialistes à ne pas céder "aux injonctions de la droite à moderniser". "La solution aujourd'hui n'est pas d'être un peu plus de droite", a-t-il ajouté.

Enfin, le PCF, toujours maximaliste, a annoncé lundi qu'il "mettra tout en oeuvre pour combattre la logique de destruction du gouvernement" du système des retraites. "Alors que la réforme du régime général des retraites dont François Fillon était l'auteur, en faisant passer le nombre d'années de cotisation de 37,5 à 40, s'est soldé par un échec, le gouvernement s'enferre dans la même logique désastreuse, à moins d'un an du point d'étape prévu en 2008", a dénoncé le PC dans un communiqué. Selon ce parti, "plutôt que de trouver les moyens de financer le seul système efficace, la retraite par répartition, le gouvernement fait diversion en pointant du doigt les régimes spéciaux" et "en désignant des bouc-émissaires".

latribune.fr

Thierry Breton va conseiller Rothschild & Cie Banque

L'ancien ministre de l'Economie va travailler pour la banque d'affaires en tant que Senior Advisor. En marge de ses cours à Harvard, il conseillera la banque sur les problématiques du marché américain, notamment au niveau macro-économique

Thierry Breton se construit une nouvelle vie. Quatre mois après avoir quitté Bercy, il va travailler pour une banque en complément de ses activités professorales à Harvard. Selon nos informations, l'ancien ministre de l'Economie va rejoindre la banque Rothschild en tant que conseiller, Senior Advisor.

A raison d'environ une demi-journée par semaine, il conseillera la banque dirigée par David de Rothschild sur des réflexions concernant essentiellement le marché américain. Notamment sur les problématiques macro-économiques et sectorielles. Il rejoindra la banque à partir de la fin septembre.

Thierry Breton fera partie du conseil des "senior advisor" où siègent déjà Lord George, ancien gouverneur de la banque d'Angleterre (BoE, Bank of England) ou encore Klaus Mangold, ancien dirigeant de Daimler Chrysler.

Très sollicité depuis qu'il a quitté Bercy en mai dernier, Thierry Breton aurait aussi été approché par plusieurs autres banques d'affaires et devrait également conseiller une institution financière internationale, en complément de Rothschild.


Philippe Mabille et Matthieu Pechberty

La dépénalisation du droit des affaires sur les rails

Un magistrat a été nommé hier à la tête d'un groupe de travail chargé de réfléchir aux réformes demandées par Nicolas Sarkozy. L'abus de bien social et le droit social pourraient se trouver concernés par ces réflexions.

Jean-Marie Coulon vient d'être nommé président d'un groupe de travail chargé d'étudier la dépénalisation du droit des affaires. Cet ancien premier président de la Cour d'appel de Paris a été choisi par Rachida Dati, ministre de la Justice, pour diriger un comité comprenant des magistrats, des avocats et des représentants des entreprises. Tous les sujets seront abordés, glisse-t-on à la Chancellerie. "Il s'agit avant tout de moderniser le droit des affaires, de faciliter la vie des entreprises mais pas de dépénaliser l'ensemble", insiste le porte-parole du ministère.

La création de ce groupe fait suite à la demande de Nicolas Sarkozy de "mettre un terme" à la "pénalisation du droit des affaires". Aucune date pour un éventuel projet de loi n'a été fixée.

Il n'est pas exclu que ce groupe s'attaque au coeur de cette pénalisation: l'abus de bien social (ABS) et notamment sa prescription. Ce délit, fréquemment utilisé pour poursuivre la corruption par des fonds d'entreprise détournés de leur usage, est constitué à partir de la découverte des faits. Pour les autres délits, c'est la date à laquelle ils ont été commis. Ainsi, la prescription d'un ABS est bien plus tardive que celle d'une autre affaire. Le patronat souhaite depuis longtemps réduire ce délai.

Le droit social pourrait lui aussi être au menu du groupe de travail. La superposition des procédures sociales, civiles et pénales, voire au tribunal de commerce et au pénal, pourrait être examinée par le groupe. Selon Le Monde, le délit d'entrave qui permet aux élus du personnel de faire aisément condamner les entreprises pour défaut d'information du comité d'entreprise pourrait lui aussi être au menu des réflexions.

Les syndicats de magistrats s'opposent à ces réformes qui selon eux pourraient éviter des condamnations aux employeurs fautifs.

La tribune 11/09/2007 

06.09.2007

Les régimes spéciaux de retraites

Les régimes spéciaux de retraite, prochaine cible de Nicolas Sarkozy. Le président de la République devrait annoncer, probablement le 18 septembre au Sénat devant les partenaires sociaux et les journalistes d'information sociale, une réforme d'ampleur. Avec comme objectif donné aux ministres concernés, selon nos informations, de boucler cette difficile négociation avant la fin de l'année 2007.

Le gouvernement "prendra [alors] ses responsabilités", affirme un ministre, et réformera par décret les régimes spéciaux dans les entreprises où aucun accord n'aura été conclu. Du côté du ministère du travail, on laisse toutefois entendre qu'il est normal que l'Etat fixe une durée pour la convergence entre les différents régimes spéciaux et le régime général, sur la durée de cotisation en particulier. "Si cela n'était pas fait, indique un proche du dossier, les syndicats pourraient nous dire que la convergence est prévue dans trente-cinq ans." Pour éviter une négociation globale, le gouvernement devrait mener la négociation au niveau des entreprises concernées. Une démarche qui pourrait convenir au organisations syndicales : selon Danièle Karniewicz, présidente CFE-CGC de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse (CNAV), l'ensemble des syndicats souhaitent une discussion à ce niveau. Nicolas Sarkozy pourrait ainsi éviter une mobilisation sur un sujet brûlant qui a valu, en 1995, un puissant mouvement social, en particulier à la SNCF, contre la réforme Juppé.

"L'OPINION EST MÛRE"

En demandant que ces discussions soient menées avant le 31 décembre 2007, le chef de l'Etat et le gouvernement veulent dégager le terrain pour des discussions plus sereines sur le régime général, prévues en 2008. "Il est hors de question que l'on demande de nouveaux sacrifices aux salariés du privé, du régime général, en termes de durée de cotisation, de montant des cotisations ou de la pension de retraite, si on n'a pas des efforts au préalable sur les régimes spéciaux", indique Danièle Karniewicz, présidente CFE-CGC de la CNAV.

Cette notion d'équité entre les salariés avait été avancée à de nombreuses reprises par le candidat Sarkozy, durant la campagne électorale et reste l'argument principal pour aligner les régimes spéciaux avec le régime général des retraites. "L'opinion est mûre, contrairement à 1995 et la réforme Juppé", analyse un conseiller. "Aujourd'hui, au nom du principe d'égalité, les Français ne comprennent plus que certains salariés puissent partir à la retraite avant les autres, sous réserve de pénibilité au travail", analyse un proche du président.

Rémi Barroux et Christophe Jakubyszyn

04.09.2007

Le Grand Paris du XXle siècle


Le temps est venu, en effet, ainsi que l’a évoqué Nicolas Sarkozy de « repenser l’organisation des pouvoirs » dans la première région de France. Très précisément, le Président a exprimé son désaccord quant à l’adoption du nouveau Schéma directeur de la région lle-de-France (Sdrif) tant que la question de la communauté urbaine ne serait pas tranchée.

(article paru dans Libération le 17 juillet 2007)

La capitale et l’Ile-de-France doivent envisager l’avenir en imaginant un système urbain multipolaire.

Par FRANÇOISE DE PANAFIEU, candidate UMP à la mairie de Paris, CLAUDE GOASGUEN et PHILIPPE GOUJON, députés de Paris.


C’est une autre vision de Paris que nous devons faire naître. En installant une Conférence métropolitaine, Bertrand Delanoë s’est limité à une apparence de concertation qui s’est figée dans un dialogue factice et sans lendemain, puisque sans aucun moyen d’action technique et financier.

Alors, que faut-il faire dans la perspective de la tenue du Comité interministériel d’aménagement du territoire (CIADT) consacré à l’lle-de-France fin 2008 ?

Tout d’abord, un constat s’impose : Paris vit mal dans ses limites du Second Empire, Paris est trop confiné dans ses 105 km2, trois fois et demi plus petit que Londres, et sept fois plus petit que Madrid. Cette mondialisation des métropoles est incontournable. Paris et l’lle-de-France sont, en partie, dépendants de l’économie mondiale.

Paris est passé, en quarante ans, de l’agglomération unipolaire à un système urbain complexe et multipolaire ; le centre du pouvoir économique a peu à peu glissé vers la petite couronne, puis en deuxième couronne.

Dans le même temps, Paris a perdu de nombreux emplois et doit donc imaginer et mettre en oeuvre des projets communs. A cet égard, le président de la République a montré le chemin : créer une nouvelle dynamique au service d’une vision coordonnée de l’organisation urbaine.

Celle qui consiste à définir, notamment, une nouvelle stratégie en matière de transports en commun : près d’un actif parisien sur trois part travailler en banlieue, et 900 000 actifs résidant en banlieue viennent travailler à Paris. La vraie réponse réside dans l’amélioration substantielle des conditions de transport, dans les lignes de RER et de métro, et le maillage du réseau transports en commun en banlieue pour le projet Arc express ou Métrophérique.

Les Parisiens attendent d’abord l’amélioration véritable de la qualité du service dans les transports collectifs existants, en particulier le métro et le bus. L’autre priorité doit porter sur les travaux d’infrastructures essentiels, tels que le renforcement de capacité de la ligne 13, la création de nouvelles gares face à la croissance du nombre de voyageurs, et pour réduire les nuisances qui impactent les riverains.

La couverture du périphérique est également prioritaire. Elle doit associer collectivités publiques et entreprises dans un partenariat public-privé, gage d’une rapidité d’intervention. La question du logement constitue aussi un dossier central dans cette nouvelle vision à définir pour Paris et l’lle-de-France. Comment accepter que le Sdrif2007 prévoie moins de logements à Paris que celui fixé en 1994 ? Comment s’en étonner si l’on considère le nouveau Plan local d’urbanisme de Paris, défendu par Bertrand Delanoë, qui rend très difficile la construction de logements. Il n’y a pas de fatalité à reconduire une telle politique en matière de logement social qui a fait fuir les familles et les classes moyennes de Paris.

S’agissant du développement économique et de l’emploi, les bonnes intentions ne suffisent pas. C’est dans cet esprit que la majorité des représentants des Chambres de commerce et d’industrie (CCI) d’lle-de-France, les conseils généraux des Hauts-de-Seine et des Yvelines, ainsi que le Medef et la CGPME (syndicat des PME), ont déploré dans ce Sdrif le manque de volonté et d’orientation claires pour permettre à Paris et aux départements d’lle-de-France de rattraper le retard sur ses principaux concurrents européens.

Faisons nôtre, l’indication de Nicolas Sarkozy pour travailler à la naissance de cette structure de coordination et d’impulsion « c’est la rigidité des structures qui met en cause l’unité ».

L’avenir de la région capitale dépend justement de notre capacité à inventer, dans le respect de l’identité des collectivités locales et départementales, un nouvel horizon pour la prospérité, des onze millions d’habitants de Paris et de l’lle-de-France.

La rentrée de Françoise de Panafieu

Françoise de Panafieu : "Le vrai bilan de Monsieur DELANOÉ, c’est un échec cinglant sur le terrain économique et social"
Françoise de PANAFIEU précise son programme et sa vision de Paris dans une interview publiée ce mardi 28 août dans le FIGARO. Retrouvez ci-dessous le texte intégral de cet échange très intéressant.

LE FIGARO : Bertrand Delanoë est au zénith dans les sondages. Sa dernière initiative, Vélib’, est un succès. Peut-il être battu en mars prochain ?

Françoise de Panafieu : la politique, c’est aussi la gestion du temps. Qu’un maire sortant parte avec un avantage est habituel. Ne serait-ce qu’en raison des moyens de communication dont il dispose. Et Monsieur Delanoë en use et en abuse. Mais l’histoire électorale nous apprend aussi que le favori de l’automne n’est pas le vainqueur du printemps.

(JPEG) Maire de Paris j’aurais fait Vélib, d’ailleurs nous l’avons voté. Mais je l’aurais fait différemment : plus tôt, comme l’ont fait Lyon ou Nantes ; et surtout en pratiquant la concertation quant au choix des emplacements et en liaison avec les communes riveraines. La politique municipale ne peut se résumer à Vélib.

Son bilan reste malgré tout apprécié des Parisiens. Sur quoi portera votre critique de son action ?

Communiquer n’est pas agir. Le vrai bilan de Monsieur DELANOÉ : c’est un échec cinglant sur le terrain économique et social. Je rappelle que Paris a un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale ; que 12 % de sa population vit avec moins de 750 euros par mois ; que 60 000 parisiens sont RMISTES et qu’il y a aujourd’hui 109 000 demandeurs de logement social à Paris. Soit une hausse de 20 % en six ans. Monsieur Delanoë avait promis qu’il n’y aurait plus aucun immeuble insalubre ; 10 % des cas à peine ont été traités. En tant que Président de conseil général, il est en charge de la politique sociale. Et ne parlons pas du bilan en matière d’environnement, de circulation ou de propreté.

A droite, on a plutôt entendu cet été des voix discordantes, avec l’appel à votre retrait de Bernard Debré.

Les propos estivaux de Bernard DEBRÉ font le jeu de Monsieur DELANOÉ. Même Bernard DEBRÉ doit comprendre que les temps ont changé et qu’une femme peut être légitime, tête de liste et Maire de Paris. Au-delà de ces propos maladroits, je l’invite à prendre sa place dans le rassemblement qui s’engage.

Le nom de Jean-Louis Borloo reste cité. Etes-vous sûre que votre désignation à l’issue de la primaire de 2006 ne sera pas remise en cause ?

Nicolas Sarkozy a voulu cette primaire. Au terme d’un vrai débat de six mois, j’ai été élue par les adhérents, à une large majorité dès le premier tour. Le débat est donc clos. L’enjeu c’est la campagne, pour moi elle a commencé. Depuis un an, j’écoute les Parisiens. J’ai fait le tour de tous les arrondissements et des grandes métropoles européennes. J’en ai tiré un certain nombre de propositions que j’ai transmises aux élus UMP de Paris. Nous en débattrons lors d’un séminaire les 20 et 21 septembre. J’installerai le QG de campagne et nos équipes dans le mois. Je conduirai dans chaque arrondissement un débat sur le projet.

Alors que Sarkozy, Fillon et dix ministres ont interrompu leurs vacances pour assister aux obsèques du Cardinal Lustiger, ni vous ni aucun Député ou Maire d’arrondissement UMP n’était - pas plus que Bertrand Delanoë - présent à Notre-Dame. Pourquoi ?

Le Cardinal LUSTIGER que je connaissais bien a conduit une action d’ouverture et de réconciliation avec les religions remarquable et si j’étais absente c’était pour une raison qui m’était hélas, strictement personnelle.

Quelle vision de Paris voulez-vous présenter dans la campagne ?

Je veux que Paris redevienne la ville du mouvement, et du rayonnement. Toutes les grandes villes d’Europe sont en ébullition. Berlin, par exemple, s’est reconstruite en dix ans. Paris s’est endormie. Mon projet est très concret. Je veux faire de Paris une véritable éco-capitale, je veux ramener les emplois à Paris, je veux refaire de Paris une ville pour toutes les familles, une ville de grands projets, une ville qui soit à nouveau exemplaire en matière sociale et humanitaire. Et je présenterai sur chacun de ces points des propositions précises, chiffrées et ambitieuses, comme je le ferai pour régler les problèmes de plus en plus insupportables de circulation et de pollution.

En matière d’environnement et de qualité de la vie, Bertrand Delanoë n’a-t-il pas une longueur d’avance sur vous ?

Il a plutôt une longueur de retard. Faire de Paris une éco-capitale c’est prendre de vraies décisions : interdire l’accès des véhicules lourds très polluants, aider les véhicules propres en leur offrant le stationnement gratuit, développer des voitures électriques en libre service, donner la priorité aux transports en commun de sous-sol là où sont les passagers, lancer un plan Environnement-Bâtiments car 1/3 de la pollution provient de l’habitat et déléguer au 1er adjoint au Maire le développement durable et les transports.

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