Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/03/2009

La démagogie des syndicats

La présidente du Medef s'attaque notamment à l'attitude de la CGT.

La grève de jeudi est «une facilité». Les syndicats sont «égoïstes» sur les retraites. La CGT «détruit des emplois», et son leader est «de mauvaise foi». À l'approche d'une nouvelle journée interprofessionnelle d'action, Laurence Parisot affiche son incompréhension des syndicats.

«S'il s'agit de dire à quel point nous sommes mécontents de ce qui se passe, inquiets de la situation, nous pouvons tous dire ça, les chefs d'entreprise aussi. Est-ce vraiment utile de le dire ainsi ?, s'est interrogée la présidente du Medef mardi. C'est une facilité, je ne crois pas que ce soit une réponse.» Et d'inviter à réfléchir au coût de cette «journée sans travail» et aux «illusions créées» par cette «démagogie».

Les critiques de la patronne des patrons ne s'arrêtent pas là. Sur un autre dossier brûlant (les retraites complémentaires), elle poursuit : «Les syndicats ont une approche particulièrement égoïste.» Leur reprochant de refuser d'allonger la durée de cotisation ou de repousser l'âge de départ après 60 ans, elle dénonce leur «indifférence» envers les prochaines générations.

 

«Mauvaise foi»

 

Visiblement agacée que le pouvoir tresse régulièrement, ces dernières semaines, des lauriers à la CGT - sur le mode «nous ne sommes pas d'accord avec eux mais ce sont des interlocuteurs responsables» -, Laurence Parisot voudrait «que l'on parle de sa responsabilité dans la disparition de certaines entreprises, et dans la destruction d'emplois, à Marseille notamment». «Merci la CGT !», ironise la présidente du Medef, dans une allusion à l'Union Naval Marseille, liquidée après une grève, laissant 130 personnes sur le carreau.

Ces charges ne l'empêchent pas de réitérer aux syndicats sa demande de dialogue sur le paritarisme et le marché du travail. «Il est temps de s'y mettre», lance Laurence Parisot, qui évoque la préservation de l'emploi, la sécurisation des parcours professionnels ou la reconversion des bassins touchés. Si la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC semblent partantes, la CGT craint qu'il ne s'agisse surtout d'assouplir les licenciements. Et refuse de «perdre du temps dans des discussions accessoires qui ne débouchent sur aucune mesure», redit Bernard Thibault dans Le Monde. «Mauvaise foi», rétorque Laurence Parisot, qui défend sa «délibération sociale» (établissement d'un diagnostic commun avant une éventuelle négociation) : «Elle a fait ses preuves, y compris au bénéfice de la CGT», sur la représentativité.

Enfin, Laurence Parisot juge «fondée et responsable» l'attitude de Total qui supprime 550 postes - sans licencier - pour s'adapter à son marché, mais investit et recrute dans de nouvelles activités. Elle impute le «désastre médiatique» aux règles du délit d'entrave, qui auraient empêché le groupe d'expliquer ces mesures, alors que les syndicats et le secrétaire d'État Laurent Wauquiez criaient déjà au scandale. Elle demande au comité d'éthique du Medef de réfléchir à la façon d'informer les salariés au plus tôt, sans enfreindre la loi.