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17/04/2008

A qui profite l'inflation? Et à qui nuit-elle?

Billets photographiés dans un supermarché de Bruxelles le 2 janvier 2002

Olivier Hoslet AFP/Belga/ArchivesAFP ¦ Billets photographiés dans un supermarché de Bruxelles le 2 janvier 2002

Les prix à la consommation n'avaient pas augmenté autant depuis 1992. L'inflation, en un an, a atteint 3,2%. Pour le seul mois de mars 2008, elle a atteint 0,8% par rapport à février. Mais l'inflation est-elle nécessairement mauvaise? A qui nuit-elle? A qui profite-t-elle?
 
L'inflation nuit:
 
-à la croissance et aux consommateurs
«En temps normal, un peu d'inflation ne fait de mal à personne», estime Marc Touati, économiste et directeur général de Global Equities. Elle est souvent en effet le résultat d'un surplus de la demande par rapport à l'offre. Et donc un symptôme d'une bonne santé économique. «Mais aujourd'hui, l'inflation est juste provoquée par une spéculation sur les matières premières.» Comme les prix augmentent plus vite que les salaires, les consommateurs perdent du pouvoir d'achat. Ils consomment moins, ce qui a un effet économique négatif sur la croissance. Et comme les prix augmentent, la France exporte moins, ce qui a une incidence sur l'emploi et donc sur les salaires qui ont du mal à augmenter. Ce qui accentue encore plus la perte de pouvoir d'achat: le cercle est vicieux. Avec un risque bien connue: la «stagflation», c'est-à-dire la coexistence de l'inflation et de la stagnation de la croissance.
 
-aux épargnants
L'inflation réduit le taux de rendement de l'épargne. Le taux d'intérêt réel se calcule en effet de la façon suivante: taux d'intérêt nominatif - taux d'inflation. Si l'inflation est donc supérieure au taux d'intérêt de l'épargne, les épargnants perdent de l'argent. Prenons un exemple: un épargnant dispose de 1.000 euros à un taux de 10%. A la fin de l'année: il disposera de 1.100 euros. Mais si l'inflation est également de 10%, son pouvoir d'achat ne sera pas augmenté: son taux d'intérêt réel est nul.
 
L'inflation profite:
 
-aux emprunteurs
La logique est exactement la même que pour les épargnants mais elle est inversée. La valeur nominative de l'emprunt reste inchangée mais sa valeur réelle est entamée par le taux d'inflation. A condition évidemment d'avoir un taux d'intérêt fixe.
 
-à l'Etat
L'inflation permet de réduire la dette publique selon le même mécanisme que celui qui s'applique aux emprunteurs. En l'occurrence, elle devrait baisser de 0,2 point de PIB. De plus, les revenus de la TVA, assise sur la valeur nominative des biens et des services, augmentent mécaniquement. Ce qui permet de réduire le déficit public ou, en tous les cas, d'atténuer son augmentation. Le gouvernement devrait ainsi pouvoir tenir son objectif d’un déficit de 2,5% du PIB. Un bon point vis-à-vis de ses partenaires européens.
 
-aux bas salaires
Le smic va être augmenté du coup de 2,3% au 1er mai conformément à ce que prévoit la loi lorsque l'inflation dépasse les 2%. Une première depuis 1996. Cette augmentation du salaire nominatif aura un effet dominos sur les bas salaires. En un an, selon le ministère de l'Emploi, la hausse sera répercutée quasi-intégralement sur les salaires compris entre 1 et 1,1 smic et à hauteur de 50% sur les salaires compris entre 1,4 et 1,5 smic. Un coup de pouce qui sera d'autant bienvenu que ce sont les plus modestes qui subissent de plein fouet l'inflation.  Alexandre Sulzer , journal 20 minutes