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09/12/2009

Identité nationale : Sarkozy assume le débat

Les députés vont se pencher ce mardi sur la question de l'identité nationale, sur laquelle Nicolas Sarkozy va donner son point de vue. Il rappelle qu'elle ne se résume pas au débat sur l'immigration.

Les minarets ne doivent pas crisper le débat sur l'identité nationale. C'est le message que devrait développer Nicolas Sarkozy dans la tribune publiée ce mardi dans le journal Le Monde, le jour où les députés débattent sur ce sujet. Le chef de l'État entend assumer pleinement, mais sans provocations, les polémiques qui ont suivi, en France, le vote des Suisses sur l'interdiction des minarets. Tout au long de la semaine dernière, Sarkozy s'est exprimé en privé à ce sujet. Devant les députés du club de la Boussole, mardi dernier, puis lors de la réunion de la majorité, le lendemain, et enfin lundi, devant l'équipe dirigeante de l'UMP.

«C'est la réussite de l'intégration qui compte»

«Ceux qui refusent de voir le problème sous prétexte que la question n'a pas été posée comme en Suisse commettent la même erreur qu'en 2005, au moment du référendum sur la Constitution européenne», a-t-il expliqué mercredi dernier. «Il faut tenir compte de la réalité française, sous peine de creuser le fossé entre les élites et le peuple», a-t-il prévenu. À l'Élysée, l'abondance des témoignages directs - lettres envoyées à l'UMP par les adhérents -, ainsi que la lecture des sondages massivement hostiles à la construction de nouveaux minarets, ne laissaient aucun doute sur ce que l'opinion pensait d'un islam trop «ostentatoire», ou «teinté d'une volonté impérialiste», selon l'expression d'un proche collaborateur du chef de l'État.

Un ministre régalien considère d'ail­leurs que le débat sur ce sujet «ne profite pas tant que ça au Front national dans les enquêtes d'opinion» et qu'il est «nécessaire que la majorité l'assume». C'est en tout cas l'opinion de Nicolas Sarkozy. Et si François Fillon l'a remplacé, vendredi, lors d'un colloque sur l'identité nationale, le chef de l'État n'a pas voulu donner le sentiment de se défausser : «On ne peut pas me reprocher de faire un islam de France, je suis le premier à en avoir parlé !», s'est-il félicité il y a quelques jours, «mais il est certain que l'on ne peut pas rester sans parole publique à ce sujet».

Il devrait donc réaffirmer mardi un double refus : celui d'occulter le débat et celui de le laisser dériver vers une stigmatisation de l'islam. Nicolas Sarkozy rappellera que «l'identité nationale ne se résume pas au débat sur l'immigration», comme il l'a expliqué lundi devant les responsables de l'UMP. Il devrait enfin rappeler les fondamentaux de la laïcité, en soulignant qu'elle est un élément de l'identité de la France. Il soulignera que, pour les Français, «ce n'est pas la construction de minarets, mais la réussite de l'intégration qui compte». Convaincu que derrière le débat sur les minarets se cache celui sur la burqa.

Au ministère de l'Intérieur, on rappelle qu'il y a 2 368 lieux de culte musulmans, dont cinquante-quatre mosquées dotées de «petits minarets» et sept grandes mosquées. Nicolas Sarkozy reprendra-t-il sa formule sur la France avec «son long manteau d'Église», et assumera-t-il, comme à Rome en décembre 2007, «les racines chrétiennes» de la France ? Le ministère de l'Intérieur souligne qu'on ne dénombre plus en France que 4 000 lieux de culte catholiques.

Charles Jaigu
08/12/2009 | Mise a jour : 21:45

Le Figaro