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15/02/2010

Salles de shoot de la Mairie de Paris

La folle idée de Delanoé-Hidalgo : Salles de shoot à Paris !

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"Salles de conso", "piqueries", "drogatoriums" ou encore "salles de shoot", les mots ne manquent pas pour désigner des lieux qui pourtant n'existent pas encore en France : des endroits où les toxicomanes pourraient consommer crack, héroïne, cocaïne, dans une relative sécurité et un accompagnement compassionnel… De quoi s'agit-il en réalité ? De cacher les toxicomanes dans des centres, sous couvert de prise en charge médicale ? D'imposer, au nom d'une soi-disant réduction des risques, l'implantation de lieux permettant aux "accros" de venir se piquer dans un espace réservé, financé par la collectivité et géré par des travailleurs sociaux ? C'est cela, la grande idée de M. Le Guen, médecin, parlementaire et membre du conseil d'administration de l'APHP, pour améliorer la santé de nos concitoyens : leur proposer des lieux afin que les drogués puissent continuer à se détruire, dans la discrétion et rester entre eux, dans un espace qui leur serait dédié.
Sous prétexte de lutter contre les overdoses, le sida, l'hépatite C, les partisans de ces salles en appellent clairement à la reconnaissance du statut "d'usager de drogues" plutôt qu'à un objectif de sevrage qui seul devrait être poursuivi. Toutes les expériences menées à travers le monde, notamment en Suisse et en Allemagne, démontrent que l'ouverture de ces salles de consommation, bien loin d'aider les toxicomanes, aggrave le problème à plusieurs titres. Elles encouragent l'augmentation de la consommation voire même l'initiation de nouveaux usagers qui, rassurés par la présence de personnel médical, vont oser prendre plus de risques avec des doses plus fortes. Elles contribuent au maintien d'une habitude, au lieu d'inciter l'utilisateur à arrêter. En effet, l'existence de ces lieux peut être interprétée comme une acceptation tacite de la société de l'usage de substances pourtant illégales, particulièrement chez les jeunes qui peuvent y voir une certaine légitimation de cette pratique. Ce qui est en soi un paradoxe. Enfin, les risques de troubles à l'ordre public, à proximité de ces salles, qui attirent dealers et usagers, sont évidents. En résumé, pour un bénéfice très discutable, la mise en place de telles structures revient à donner le sentiment que les pouvoirs publics accompagnent la consommation des drogues, ce qui d'un point de vue moral est inacceptable et tout à fait condamnable tant dans cette proposition que dans celle de Daniel Vaillant de dépénaliser le cannabis ou des Verts, de légaliser l'ensemble des drogues. Quant à ceux dont le métier est de soigner, ceux qui s'efforcent de prévenir l'usage des drogues, quel signe d'encouragement vont-ils voir dans ce compromis fataliste et immoral ? La lutte contre la toxicomanie est un enjeu de santé publique. Elle doit mobiliser l'ensemble des acteurs publics. Non par la création d' "anti-chambres de la mort " qui seraient des prémices à la reconnaissance, la légalisation ou la dépénalisation de l'usage des drogues, et ne sont en aucun cas des réponses porteuses d'espérance.
L'objectif est de réduire la consommation et prévenir la dépendance, en accompagnant les usagers à sortir de la drogue et non en leur en facilitant l'accès ! La consommation de drogue est illégale. Elle est un chemin de souffrance pour l'homme, celui de la fragilité, de la vulnérabilité, de la désespérance, de la détresse, de la misère, de la maladie qui peut mener à la mort. Elle est un chemin d'incompréhension pour les familles.

Elle est une gangrène. Il faut la combattre dans toutes ses dimensions, par une combinaison d'approches répressive et judicaire, sanitaire et sociale, économique et financière, éducative et familiale, et sur tous les fronts, mondial, national, local.

Il faut que chacun se mobilise pour informer, améliorer la prise en charge des malades, l'efficacité des soins, l'écoute des familles mais aussi les sanctions. Chacun doit prendre conscience de la nécessité d'agir ensemble, sans exclusive et sans tabou mais surtout sans oublier les vies brisées, les familles déchirées, les promesses gâchées parce qu'un jeune, un enfant souvent, aura croisé un jour le marchand de la mort... Ayons à cœur de démontrer aux plus fragiles que l'Etat est décidé à les protéger contre le poison des paradis artificiels, contre l'instrumentalisation dont ils ont fait l'objet. Aujourd'hui les toxicomanes aux opiacés sont déjà, dans leur grande majorité, pris en charge par le système de soins. Une priorité s'impose plus que jamais : lutter efficacement contre la consommation, particulièrement chez les jeunes. Et cela, nous ne le ferons pas en leur offrant de nouveaux moyens d'y pourvoir. L'ambition est ailleurs, elle est dans la prévention, l'information. Elle est également dans la coopération judiciaire et policière, sans oublier l'aide aux familles et à la réalisation de leurs projets pour les jeunes. C'est la lutte en amont des routes de la drogue qui doit mobiliser. Il faut agir sur son accessibilité et non en encadrer l'usage. C'est là l'essentiel du combat qui doit nous animer.

Nous disons non à l'idée inacceptable de M. Le Guen qui permet à la majorité municipale parisienne de se donner bonne conscience en adoptant une solution "humanitaire" qu'elle croit pleine de compassion… seul argument pour justifier l'injustifiable...

Jean-François Lamour, président du groupe UMPPA Conseil de Paris

Philippe Goujon, député UMP de Paris et conseillère de Paris

Anne-Constance Onghena, conseillère de Paris