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30/09/2012

Les économistes de gauche sont attérrés par Hollande

Source Challenge (http://www.challenges.fr/economie/20120925.CHA1184/cohen-...)

Au printemps, dans une floraison d'optimisme et par une bruyante tribune, ils hurlaient leur soutien à François Hollande. L'automne fait à peine tomber les feuilles, et les voici désenchantés. Nombreux sont les "économistes de gauche", tendance sociale-démocrate et non radicale, à dire aujourd'hui leur déception sur le nouveau pouvoir, qui présentera vendredi 28 septembre son budget pour 2013.

Ce projet de loi de finances, qui doit devenir le premier marqueur du quinquennat Hollande, se donne pour objectif de ramener le déficit public à 3% du PIB à la fin de l'année prochaine. Il table pour y arriver sur un effort de 30 milliards d'euros, dont 10 milliards d'économies et 20 milliards de hausses d'impôts.

A l'approche de ce grand rendez-vous, les économistes de gauche tancent pêle-mêle l'absence de grande réforme fiscale, l'alignement de l'imposition des revenus du capital et du travail et la conversion à l'orthodoxie budgétaire. Passage en revue.

  • Piketty attend toujours une grande réforme fiscale 

C'est l'un des plus célèbres soutiens du Parti socialiste parmi les économistes, reconnu dans le monde entier pour ses travaux sur les inégalités fiscales (cités notamment dans le dernier livre du Prix Nobel Joe Stiglitz). Thomas Piketty ne prend pas de gants pour juger les débuts du "hollandisme": "Le début du quinquennat Hollande est-il aussi mauvais qu’on le dit? Oui, malheureusement. Certes les circonstances ne sont pas faciles, et le nouveau président n’est pas près de nous faire regretter l’ancien. Il reste qu’on observe sur tous les sujets un attentisme et une indécision bien inquiétants pour un début de mandat", décoche mardi 25 septembre le professeur de l'Ecole d'économie de Paris dans Libération.

Il s'en prend particulièrement aux "bricolages" fiscaux du gouvernement. "La France brille par l'empilement de plusieurs impôts directs, avec des assiettes mitées se superposant les unes aux autres avec des règles distinctes: qu'à cela ne tienne, on créera une tranche à 75% avec une troisième assiette, distincte à la fois de celle de l'impôt sur le revenu et de celle de la CSG, et encore plus percée que les deux premières", moque Thomas Piketty.  

Il avait déjà dit à Rue89 tout le mal qu'il pensait d'une taxe à 75% ne ciblant que les revenus d'activité, et non les revenus du patrimoine. "C’est vraiment pas malin d’instaurer un taux très élevé sur une assiette très étroite. Il vaudrait bien mieux appliquer un taux moins élevé, 60% par exemple, sur une assiette large, qui inclurait les revenus de l’épargne", expliquait-il alors, ajoutant: "Dix ans d’opposition pour arriver à un projet aussi mal ficelé..." Dans Libération ce mardi, l'auteur de Pour une révolution fiscale résume sa pensée par un bon mot: "Au royaume des usines à gaz, les conseillers fiscaux seront rois".

  • Pour Sterdyniak, les revenus du capital sont déjà très taxés

Sur le thème de la fiscalité, l'autre grand déçu est Henri Sterdyniak, pour des raisons opposées à Thomas Piketty. Lui n'avait pas signé la tribune printanière mais est classé à gauche - il fait partie du collectif des économistes atterrés. Dans une interview donnée au Nouvel Observateur du 20 septembre, qui fait vriller nos certitudes, l'économiste de l'OFCE met en garde contre la volonté de François Hollande d'aligner l'imposition des revenus du capital sur celle des revenus du travail. "Cette réforme peut paraître justifiée pour des raisons d'affichage, mais elle ne l'est pas sur le plan économique", affirme Henri Sterdyniak, pour qui les revenus du travail "sont déjà très fortement taxés". 

Attention, la démonstration est complexe. "Si vous recevez un intérêt de 4%, explique-t-il, il faut en déduire l'inflation (environ 2% aujourd'hui) pour déterminer le revenu réel de votre placement, qui sera donc de 2%. Cependant vous êtes imposés sur les 4%. Donc si on compare l'impôt acquitté au revenu réel de votre investissement, la taxation, alourdie des prélèvements sociaux, atteint déjà 79% aujourd'hui. Si le gouvernement soumet les intérêts au barème (de l'impôt sur le revenu, ndlr), le taux d'imposition atteindra 116,4%."

Traduction: actuellement, les contribuables peuvent choisir d'être imposés via un prélèvement libératoire de 24% sur les intérêts, auxquels il faut ajouter 15,5% de CSG et de contributions sociales (détail ici). Soit 39,5%. Qui, multipliés par deux (comme l'inflation), donnent 79%. Si on aligne la taxation sur le barème de l'impôt sur le revenu, dont le taux marginal est actuellement de 41% et demain de 45%, on arrive donc à une taxation supérieure à 100%. Un non-sens économique, dit Sterdyniak... "Ce n'est donc pas le barème qu'il faut modifier, mais les trous du système qu'il faut boucher", conclut l'économiste.

  • Cohen, Aghion, Rancière et le risque d'une spirale dépressive

Là où beaucoup d'"experts en conjoncture" classés à gauche se retrouvent, c'est dans la critique de l'orthodoxie budgétaire ardemment défendue par le gouvernement Ayrault. Dans ce camp idéologique, marqué par les leçons keynésiennes, on préfère donner du temps à l'économie pour se rétablir et éviter les coups de semonce sur la consommation, l'investissement et le pouvoir d'achat. Sans s'en prendre directement à l'exécutif, Philippe Aghion et Daniel Cohen avertissent des risques que fait peser la marche forcée vers les 3% en période récessive. Tous deux appellent à fixer des objectifs de réduction des déficits structurels, sans tenir compte des aléas de la croissance. 

Dans une tribune récente, le premier, professeur à Harvard, se montre pessimiste quant à la capacité du gouvernement à revenir à 3% de déficit public dès 2013, à cause de l'effet dépressif des mesures de rigueur qu'il allait prendre. "Nous sommes (...) face au risque d'une spirale où le resserrement budgétaire et l'affaiblissement de la croissance s'alimentent mutuellement", écrit-il, relevant au passage, dans une semi-critique adressée à François Hollande, les chantiers structurels auxquels la France doit rapidement s'attaquer selon lui: "une multiplication excessive des échelons administratifs; un empilement de subventions opaques; une assurance-maladie trop coûteuse et en déficit permanent; un système de retraite toujours déséquilibré, une fiscalité compliquée et inopérante".

Même argument chez Daniel Cohen, dans une interview aux Echos: "La Commission doit tout remettre à plat. Ce seuil de déficit à 3 % de PIB est beaucoup trop procyclique : quand tout va bien, il est facile à atteindre, quand tout va mal, il est impossible. Nous sommes en train de créer de toutes pièces une crise artificielle." En creux, on lit la remise en question de la stratégie budgétaire arrêtée par François Hollande, même si le professeur de l'Ecole normale supérieure reconnaît qu'il n'a pas vraiment le choix. "Le débat ne peut se faire qu'au niveau européen", nuance-t-il.

Chercheur à l'Ecole des Ponts et Chaussées et soutien affiché de l'ex-candidat socialiste à l'Elysée, Romain Rancière est moins diplomate, qui dénonce "l'aveuglement fatal du gouvernement". L'économiste remarque le traité européen de stabilité fixe des objectifs budgétaires structurels (un déficit maximum autorisé de 0,5% du PIB) plus à même de conjuguer efforts et croissance. "Au lieu de suivre une politique économique irréaliste économiquement et inutilement coûteuse socialement, contentons-nous de respecter les objectifs plus raisonnables du traité européen que nous nous apprêtons à voter", conclut-il.

22/08/2011

Crise économique : les solutions

La cause principale des troubles économiques et financiers actuels tient au fait que les finances publiques ont, depuis le début des années 1970, été utilisées pour atténuer les aspects négatifs de la mondialisation dans les pays industrialisés.

Les progrès de productivité, les innovations et la baisse des prix obtenus grâce au libre-échange planétaire, ces quarante dernières années, ont en effet entraîné une hausse continue du pouvoir d’achat moyen en Occident. Il y avait donc un acquiescement politique majoritaire à la poursuite de cette ouverture. Quant à ceux - minoritaires même s’ils étaient nombreux - qui en étaient les victimes, notamment les employés des industries concurrencées, ils ont vu leur sort adouci par une kyrielle de mesures structurelles ou conjoncturelles qui ont fini par creuser les déficits publics, lesquels se rappellent aujourd’hui à notre mauvais souvenir.

Suite de l'article : http://www.atlantico.fr/decryptage/crise-financiere-europ...

 

30/03/2009

Nicolas Sarkozy : tout faire pour être plus nombreux à travailler

"L’étudiant qui travaille ne paiera pas d’impôt, le retraité qui veut travailler et toucher sa retraite pourra le faire, notre pays aidera les entreprises à donner du travail aux seniors au lieu de les encourager à s’en séparer. (...) Je veux que les femmes, notamment les mères isolées, soient spécialement aidées à retrouver des emplois stables à temps complet." ["Mon Projet" - Nicolas Sarkozy]

Réalisés

  • Emploi des étudiants : les revenus d'activité des étudiants sont exonérés d'impôt sur le revenu

    La loi "travail, emploi, pouvoir d'achat" dispose que les revenus du travail étudiant sont exonérés d'impôt sur le revenu à concurrence de trois smic mensuel par an et jusqu'à 25 ans et ce, à partir de l'imposition des revenus de l'année 2007.
    [21 août 2007]

  • Emploi des séniors : des mesures pour limiter le recours aux préretraites et à la mise à la retraite d'office

    "La loi de financement de la sécurité sociale pour 2008 limite les départs en préretraite et les mises à la retraite d'office grâce à plusieurs dispositifs : la contribution des entreprises sur les préretraites va passer de 24,15 % à 50 % ; les nouveaux préretraités seront redevables de la contribution sociale généralisée (CSG) à un taux de 7,5 %, tout comme les salariés ; la contribution relative aux mises en retraite d’office avant 65 ans sera de 25 % en 2008, puis de 50 % en 2009. "
    [19 décembre 2007]

  • Emploi des seniors : faire passer le taux d'emploi des seniors de 38 à 50 %

    Un plan de 600 millions pour relancer l'emploi des senior a été annoncé le 21 janvier 2008. Ce plan comporte des mesures incitatives de l’assurance chômage destinées à favoriser le retour à l’emploi et une campagne de communication. Le rendez vous 2008 sur les retraites devra également permettre aux seniors gagner plus en travaillant plus longtemps et ce grâce à la libération du cumul emploi retraite. La question de l'emploi des seniors sera abordée avec les partenaires sociaux le 28 avril 2008 et un projet de loi devrait voir le jour d'ici à la fin de l'année.
    [21 janvier 2008]

  • Emploi des seniors : un plan pour pour aider les salariés âgés à retrouver un emploi

    Un plan de 600 millions d'euros pour relancer l'emploi des seniors a été annoncé le 21 janvier 2008. Ce plan comporte des mesures incitatives de l’assurance chômage destinées à favoriser le retour à l’emploi et une campagne de communication. Le rendez vous 2008 sur les retraites devra également permettre aux seniors gagner plus en travaillant plus longtemps et ce grâce à la libération du cumul emploi retraite. La question de l'emploi des seniors sera abordée avec les partenaires sociaux le 28 avril 2008 et un projet de loi devrait voir le jour d'ici à la fin de l'année.
    [21 janvier 2008]

  • Modernisation du marché du travail : les partenaires sociaux ont signé un accord

    L’accord du 11 janvier sur la modernisation du marché du travail a été signé par tous les syndicats sauf la CGT. Il pose les bases d'une "flexisécurité à la française" : plus de souplesse pour les entreprises, plus de protection pour les salariés. Cet accord doit être repris dans un projet de loi.
    [11 janvier 2008]

  • Un taux de chômage historiquement bas en janvier 2008

    Depuis la fin de l'année 2006, le taux de chômage a diminué régulièrement passant de 8,8% à 7,8 % au dernier trimestre de l'année 2007, la France connait son taux de chômage le plus bas depuis 1983. Entre décembre, la baisse du chômage représente 194 000 demandeurs d'emploi en moins. (sources : DARES et Insee)
    [17 mars 2008]


19/01/2009

Banques, économie, emploi : les mesures pour enrayer la crise

Depuis plusieurs semaines, le Gouvernement a mis en œuvre un plan d’action en trois temps pour lutter contre les effets de la crise sur l’économie réelle. Il s’agit de soutenir le crédit, soutenir l’activité économique et l’investissement, et de soutenir l’emploi.

Depuis plusieurs semaines, le Gouvernement a mis en œuvre un plan d’action en trois temps pour lutter contre les effets de la crise sur l’économie réelle. Il s’agit de
- soutenir le crédit
- soutenir l’activité économique et l’investissement
- soutenir l’emploi

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1. Premier volet de ce plan : la consolidation du système bancaire.

Les objectifs :
- limiter le risque d’effondrement des crédits : à savoir le fait que les banques hésitent à se prêter de l’argent entre elles et à en prêter à leur tour aux entreprises, aux collectivités locales et aux ménages.
- et rétablir la confiance sur les marchés financiers

Les moyens :
Pour cela, le gouvernement a adopté un plan de soutien aux banques.
320 Mds € : c’est le plafond de garantie accordée par l’Etat pour permettre aux banques de se refinancer.
40 Mds € : c’est le plafond de garantie accordée par l’Etat pour renforcer le capital des banques et éviter ainsi tout risque de faillite.

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2. Deuxième volet de ce plan : le soutien concret aux entreprises

Objectif : Assurer l’accès au crédit des entreprises
Les moyens :
- 22 Mds d’euros ont été débloqués pour soutenir le financement des PME.
OSEO, la banque des PME, est ainsi en mesure d’apporter plus de garanties aux entreprises qui veulent investir.
- Les banques ont l’obligation d’utiliser les crédits que l’Etat garantit et les fonds propres qui leur ont été injectés pour faire du crédit à l’économie.
L’Etat assurera le suivi de la façon dont les banques accordent les prêts et veillera à ce qu’elles jouent le jeu. Les préfets et les trésoriers payeurs généraux sont mobilisés à cet effet.

Objectif : Encourager l’investissement privé
Les moyens :
- Les nouveaux investissements réalisés jusqu’à la fin de l’année seront exonérés de la taxe professionnelle. Le manque à gagner pour les collectivités locales sera compensé par l’Etat
- Le remboursement du Crédit Impôt Recherche sera accéléré

Objectif : Soutenir les entreprises en difficulté
Les moyens :
Un Fonds stratégique d’investissement national sera crée pour appuyer les entreprises qui doivent se restructurer. Ce fonds sera géré et financé par la Caisse des Dépôts et Consignations.

Pour en savoir plus :
Le site spécial «Agir pour nos entreprises, c'est agir pour l'emploi»

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3. Troisième volet de ce plan : le soutien à l’emploi

Objectif : Aider l’emploi dans le secteur non marchand
Les moyens :

La création d’emplois aidés va permettre à certains qui ne trouvent pas de travail parce qu’ils n’y sont pas prêts d’être accompagnés vers des emplois en entreprise. Il s’agit d’un tremplin pour avoir le maximum de chances d’obtenir un emploi en entreprise.
330 000 embauches au total sont prévues, 100 000 contrats supplémentaires que ce qui était initialement prévu.

Objectif : Instaurer une « sécurité sociale professionnelle »
Les moyens :

- Accélérer la mise en place de guichets uniques (100% pour l’été 2009)
- Accélérer l’instauration d’un entretien unique pour la recherche d’emploi et l’indemnisation

Objectif : Une plus grande réactivité face aux restructurations et aux plans sociaux
Les moyens :
- Le Contrat de transition professionnelle sera étendu aux bassins d’emplois touchés par la crise.
- Le gouvernement va très prochainement étudier la généralisation d’un dispositif calqué sur le contrat de transition professionnelle.
- Le « fonds national de revitalisation des territoires » sera opérationnel d’ici la fin de l’année. Il doit inciter l’implantation d’entreprise sur les territoires ayant subi des restructurations.

Plus de détails sur le plan pour l'emploi de Nicolas Sarkozy

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L’ensemble de ces mesures doit permettre de limiter l’impact de la crise sur notre économie et sur les Français.
Tous les Etats membres de l’Union européenne ont mis en place des plans d’action nationaux pour soutenir leur économie.
Ce mouvement s’est fait sous l’impulsion du Président de la République.