Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/03/2012

Hollande et l'immigration : des mensonges

Hollande clame haut et fort, après l'avoir pourtant dit, qu'il ne régularisera pas massivement les sans-papiers. C'est encore un mensonge ou plutôt une subtilité de langage de sa part.

Il suffit de lire le projet socialiste, page 20, chapitre 6 "Doter la France d'une vrai politique migratoire". Il n'y est pas dit qu'il procédera à une régularisation massive en ces termes, mais il égrène une très longue liste de mesures qui, en s'additionant, aboutissent à une régularisation quasi complète des étrangers en situation irrégulière.  Une seule exception : ceux dont le casier judiciaire n'est pas vierge, la vérification étant quasi impossible...

Démonstration par l'exemple (extraits):

En préambule "la France et l’Europe ont besoin d’une immigration légale pour construire leur avenir, ce qui suppose qu’elles se dotent d’une politique migratoire"

"Nous inscrirons dans la loi les axes de notre politique migratoire : annulation de l’arsenal des accords inefficaces de gestion concertée des flux migratoires mis en place par la droite, refus du système de quotas ... mais aussi assouplissement du recrutement d’étrangers du travail dans les secteurs qui en ont besoin" 

"En supprimant la régularisation des sans-papiers de plein droit après dix années de résidence en France et en réduisant les possibilités de regroupement familial, la politique d’immigration « choisie » façon Sarkozy-Hortefeux-Guéant-Besson n’a résolu aucun problème."  

"Nous proposerons un processus de régularisation pour les travailleurs étrangers et les parents d’enfants scolarisés sur la base de critères clairs et transparents et s’appliquant à tous de manière égale sur le territoire national".

 

"nous rétablirons le droit au séjour des personnes atteintes de maladies graves ressortissant des pays dans lesquels les traitements ne sont pas accessibles à tous."

Les titres de séjour délivrés en France sont d’une courte durée (un an renouvelable.).

Nous proposons une progressivité dans la durée des cartes de séjour attribuées - le premier titre de séjour serait toujours d’une durée d’un an, sa durée s’allongerait au fil des renouvellements (trois ans, puis dix ans) - ou encore la mise en oeuvre d’un droit à « l’aller-retour », particulièrement pour les étudiants et les saisonniers."

 

"L’instauration du droit de vote et d’éligibilité aux élections locales pour les étrangers en  situation régulière"

 

"Nous réaffirmerons le caractère intangible du droit d’asile, qui doit être préservé à l’échelle internationale et particulièrement en Europe"

 

 En conclusion, Hollande veut revenir sur les dispositions mises en place par le droite, annuler les quotas, assouplissement du recrutement des étrangers, revenir sur la suppression de la régularisation des sans papiers de plein droit après 10 ans de résidence, régularisation des travailleurs étrangers et des parents d'enfants scolarisés pour tous, droit de séjour pour les malades, allongement des titres de séjours (de 1 an à 10 ans), mise en place d'un droit pour les étudiants et saisonniers, caractère intangible du droit d'asile et enfin droit de vote aux élections locales (c'est un autre sujet mais d'une importance considérable). Au total, ces mesures couvrent 90% des cas existants actuellement...

 

Le programme du PS aurait pu être simplifier... Pour autant, les choix politiques en terme de politique migratoire relèvent d'un choix de société. Le Président de la République, attaché à la notion historique de terre d'accueil de la France, a mis en place un ensemble de mesures visant à accompagner et organiser le flux migratoire sur le territoire. Néanmoins, la gestion rigoureuse des deniers publics impose de faire des choix qui ne peuvent pas aller dans le sens d'un message d'ouverture généralisée. La réduction du nombre d'étrangers accueillis chaque année comme la lutte contre l'immigration clandestine s'impose donc.

 

 

 

05/03/2012

Hollande peut-il gouverner ? Pas sûr...

François Fillon : "Depuis le début de la campagne, il y a un doute qui s’installe dans l’esprit des Français sur une question : est-ce que François HOLLANDE peut gouverner le pays ? Est-ce qu’il en a les capacités et le caractère ?
 
Cette question ne se pose p...as pour Nicolas SARKOZY. Il y a des gens qui aiment le président de la République, il y a des gens qui ne l’aiment pas. Il y a des gens qui n’aiment pas son style mais personne ne se pose la question de savoir s’il est capable de gouverner le pays dans une période qui est une période extrêmement difficile.
Quand on change en permanence de point de vue sur tous les sujets, qu’on annonce des choses qu’on sait qu’on ne fera pas sur le nucléaire, sur les retraites – quand on dit aux Français qu’on peut cotiser beaucoup plus longtemps mais maintenir la retraite à soixante ans ; chacun a compris juste que c’est impossible.
Le dernier exemple en date, c’est la participation de la France à l’OTAN. François HOLLANDE était l’orateur du groupe socialiste pour porter une motion de censure contre mon gouvernement parce que nous avions décidé de rentrer complètement dans l’organisation de l’Atlantique nord ; il explique aujourd'hui que finalement ce n’est pas si mal et qu’on n’en sortira pas. Où est le caractère pour diriger notre pays ? "
 

25/02/2012

Nicolas Sarkozy à Lille

Le Président Sarkozy a exposé jeudi à Lille sa vision du travail, qui doit toujours être "plus récompensé que l'assistanat".

"Je suis venu ce soir parler à la France qui travaille", a lancé Nicolas Sarkozy au début de son discours. "Je veux être le porte-parole de cette France qui veut vivre de son travail".

Suivre son discours : http://www.dailymotion.com/video/xp05by_discours-de-nicol...

 

sarkozy,président,france,forte,lille

Le double language de Hollande

La fable de Hollande

 


François Hollande, le candidat qui se dérobe plus vite que son ombre, est un concentré de socialisme à la française. Nicolas Sarkozy a résumé sa personnalité d’un mot, dans son discours de Marseille, dimanche : il est « Thatcher à Londres et Mitterrand à Paris ». D’ailleurs, François Mitterrand s’entendait parfaitement avec Margaret Thatcher, ils ont fait ensemble le tunnel sous la Manche.

Ils étaient pourtant le contraire l’un de l’autre, lui socialiste et florentin, elle libérale et obstinée. Hollande ne les oppose pas : il est les deux. Libéral à Londres ? « Je suis oiseau, voyez mes ailes. » Socialiste à Paris ? « Je suis souris, vivent les rats. »

Il a grandi à l’école Mitterrand. Il en a retenu les attitudes, les intonations, les mots et la leçon politique. Dites une chose, faites-en une autre. « Le sage dit, selon les gens, “Vive le Roi ! vive la Ligue !” » La Fontaine avait tout vu. Marc Ladreit de Lacharrière, grand patron indépendant et redouté parce qu’il préside l’une des trois agences mondiales de notation, Fitch (qui a conservé à la France, comme Moody’s, son triple A assorti de “perspectives négatives”), raconte ses débuts sous François Mitterrand, dans le numéro de mars de la Revue des Deux Mondes « Les débuts de l’ère Mitterrand, écrit-il, ont été catastrophiques pour la France[…] François Mitterrand consulte, finasse, joue ses amis les uns contre les autres, hésite entre le repli protectionniste, la sortie du système monétaire européen et le pari sur l’Europe. […] Homme du passé, Mitterrand était convaincu que les Français aspiraient à une rupture avec le capitalisme. Il doit s’incliner : il s’est trompé. Faute de maîtriser un savoir économique pour lequel il a longtemps affecté d’éprouver un léger dédain, il ne comprend pas son époque ni les ressorts du monde moderne. Sous la pression des faits, il bascule et convertit sa politique au libéralisme. » Le voici qui adore ce qu’il avait abhorré. « La France embrasse l’économie de marché, l’épouse même, s’enthousiasme pour l’entreprise et la mondialisation naissante. » Finie la diabolisation de l’argent et des patrons, vive le marché unique européen, la suppression du contrôle des changes, la liberté de mouvement des capitaux et l’innovation financière.

C’était il y a vingt-cinq ans. Et maintenant, quand François Hollande bavarde avec Angelique Chrisafis, la correspondante à Paris duGuardian, voici ce que cela donne dans l’édition du 14 février du quotidien britannique : « Le favori de la présidentielle en France dit qu’il veut voir le Royaume-Uni reprendre sa place au coeur de l’Europe et que le secteur financier n’a rien à redouter de nouvelles régulations. » On n’est plus en 1981, lui dit-il aussi. Le monde a changé, la guerre froide est finie et « il n’y a plus de communistes – ou plus guère ». « La gauche a été aux affaires pendant quinze ans au cours desquels elle a libéralisé l’économie, ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. » De quoi peut-on avoir peur ?

C’est pourtant le même François Hollande qui, près d’un mois plus tôt, le 22 janvier, au Bourget, reprenant les accents du François Mitterrand de 1981, attaque au coeur de son discours son « véritable adversaire », « le monde de la finance », celui qui, « sous nos yeux, en vingt ans, a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies » ; c’est le même Hollande qui s’en prend à cette « nouvelle aristocratie arrogante et cupide qui s’installe et prospère », en désignant les « grandes fortunes ». Ici le Guardian, là le Bourget, deux langages exprimés de manière tout aussi lisse, l’un en meeting et l’autre en privé, mais tous deux destinés à la publication. Tantôt la finance ennemie qui ronge et qui ravage, tantôt les banquiers amis qui auraient bien tort d’être inquiets. Les communistes ont disparu, François Hollande veille.

Il a raison de veiller, parce que s’il était élu, la crise ne disparaîtrait pas, ni les déficits, ni le chômage, et qu’il serait, quoi qu’il arrive, dans l’obligation de faire appel aux marchés pour leur emprunter entre 180 et 200 milliards d’euros par an afin de financer une dette qu’il prévoit de charger encore. Elle est là sa fable : oiseau, il sait bien qu’il ne pourra pas respecter ses engagements, qu’il devra, comme Mitterrand, son modèle, plier devant la crise ; et pour que ses électeurs ne lui en fassent pas reproche, il est aussi souris : il leur accordera sans retard une loi sur l’euthanasie, une autre sur le mariage gay, une troisième sur l’adoption ou le droit de vote aux étrangers, toutes déjà votées au Sénat. Des lois, celles-là, irréversibles. Mais toute fable a sa morale ; les Français ne seront pas forcément dupes de son double langage. 

François d'Orcival, de l’Institut

Photo © Patrick Iafrate