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16/01/2011

Le dérapage de Pierre Méhaignerie.

Pierre Méhaignerie veut réduire la durée et le montant des allocations chômage des cadres.

Voila encore une vraie mauvaise idée : les cadres à 11 000 euros/mois representent moins de 2% des salariés. L'analyse de Pierre Mehaignerie est fausse et releve de la volonté de faire du buzz! Comment affirmer qu'il est normal de verser 73% du salaire à un salarié "médian" (1580 euros/mois) mais seulement 27% à un cadre ?

Parce qu'il gagne plus ? Ce raisonnement ne tient pas compte du niveau de vie et de son impact sur l'économie. Par exemple, un cadre à 11000 euros peut contracter un crédit immobilier pour loger sa famille à hauteur de 4000 euros/mois. Que se passe-t-il s'il est au chômage ? Il est expulsé de son appartement !

Quant à dire que les économies réalisées permettent de créer des emplois pour les jeunes, c'est encore à vérifier en absence de chiffres incontestables.

Décidement, Monsieur Mehaignerie n'est pas dans la vraie vie, lui qui n'a jamais connu le chômage... Proposons des choses concrétes et réalistes aux français si on veut être crédible.

Article du Figaro:

La polémique s'est accentuée vendredi sur le plafonnement des allocations chômage des cadres, une idée lancée jeudi par Pierre Méhaignerie, le président UMP de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale,dans un entretien publié sur lefigaro.fr. La réaction la plus virulente est venue de la CFE-CGC. «Il est hors de question de perdre notre temps avec de fausses bonnes idées qui imaginent de limiter dans le temps, de restreindre ou de plafonner l'indemnisation du chômage sous prétexte que cela favoriserait une réinsertion plus rapide dans l'emploi», a indiqué son président Bernard Van Craeynest. Pour le patron de la centrale des cadres, l'indemnisation du chômage est «un mécanisme assurantiel où chacun cotise en fonction de son salaire et est indemnisé en fonction du préjudice qu'il subit» et pour lequel il est donc inimaginable de plafonner le remboursement des sinistres. Comme «pour une assurance-automobile», précise-t-il.

L'idée de plafonner les allocations des cadres n'est pas nouvelle, car la France est l'un des pays qui offrent les meilleures conditions d'indemnisation aux chômeurs qui touchaient de très hauts revenus. Un cadre de moins de 50 ans, qui a cotisé deux ans dans ses 28 derniers mois d'activité et qui disposait d'un salaire mensuel supérieur à 11.540 euros brut, est ainsi certain de toucher une allocation de 6.764 euros brut par mois pendant deux ans. Soit, après prélèvements sociaux, un chèque de près de 6000 euros tous les mois ! Et s'il a plus de 50 ans - ce qui est souvent le cas à ce niveau de rémunération -, la durée d'indemnisation est portée à trois ans. À titre de comparaison, un chômeur allemand pourra toucher 2215 euros par mois pendant deux ans ou, pire, 1073 euros pendant un an s'il est italien. Rien à voir donc.

 

Un plafond à 3000 euros 

La suggestion du 4e vice-président de l'UMP aura au moins eu le mérite de mettre en lumière cette particularité du régime français. «Pierre Méhaignerie soulève un vrai problème qui pourrait inciter les partenaires sociaux à être plus imaginatifs» lors de la renégociation de la convention d'assurance-chômage qui démarre le 24 janvier , avoue-t-on dans l'entourage du chef de l'État. «L'idée de dégager des moyens supplémentaires en faveur de l'emploi des jeunes n'est pas si saugrenue», abonde un proche de Xavier Bertrand, le ministre du Travail. «Laissez-nous négocier, les partenaires sociaux sont conscients de leurs responsabilités», leur répond Laurent Berger, le chef de file de la délégation CFDT, qui, s'il juge «Pierre Méhaignerie légitime pour parler», demande aux politiques de ne pas empiéter sur leur champ de négociation.

Certains syndicalistes, pourtant, conviennent sous couvert d'anonymat que raboter les allocations des cadres est peut-être une idée à creuser. «Pourquoi pas, si cela permet de créer des nouveaux droits pour les autres chômeurs», juge ainsi un négociateur. Une centrale aurait même demandé à l'Unedic de chiffrer les moyens dégagés si le plafond était abaissé à 3000 et 4000 euros… La raison ? Peu de chômeurs en souffriraient. Mieux, un nombre «symbolique» - l'Unedic refuse de le communiquer - au vu du montant moyen d'indemnisation des chômeurs (1111 euros brut par mois), de leur durée moyenne d'affiliation (10 mois) et aussi du salaire moyen français (1580 euros par mois).

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