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08/09/2010

Réforme des Retraites

S'exprimant devant les ministres réunis en conseil à l'Elysée, ce matin, a maintenu le cap de la fermeté dans la réforme des retraites en livrant quelques concessions.

Bien qu'il se soit dit «attentif» aux préoccupations exprimées mardi dans la rue par des millions de Français, le de la République est inflexible : il n'est «pas question» de revenir sur l'âge légal de départ à 62 ans, coeur de sa réforme des systèmes de retraite.

«C'est une réforme essentielle. Il est donc normal qu'elle suscite des inquiétudes et des mobilisations importantes, comme cela a été le cas hier. Les organisations syndicales sont dans leur rôle lorsqu'elles appellent à des manifestations ou à des grèves. Je suis attentif aux préoccupations qui sont ainsi exprimées», a déclaré le chef de l'Etat, selon le communiqué de l'Elysée transmis à la presse. Pour autant, l'âge de la retraite «sera progressivement augmenté, de quatre mois par an, pour atteindre 62 ans en 2018, tandis que l'âge d'annulation de la décote sera relevé au même rythme d'ici 2023» (repoussant l'âge effectif de départ de 65 à 67 ans), réaffirme ce texte.

Pénibilité : le taux d'incapacité abaissé à 10%

Nicolas Sarkozy a proposé d'abaisser à 10% le taux d'incapacité permettant aux salariés effectuant un travail pénible de continuer à partir à la retraite à 60 ans, contre 20% dans le texte actuel, et souhaité des accords de branche pour aménager leur fin de carrière, un voeu allant dans le sens d'un amendement adopté dans la nuit en commission des Affaires sociales. Un fonds public expérimental sera mis en place pour le et un bilan sera dressé en 2014.

Geste en direction des fonctionnaires, qui se sont massivement mobilisés depuis le mois de mars, et notamment des femmes, qui ont trouvé des soutiens véhéments jusqu'au sein de la majorité, l'Elysée veut maintenir pendant cinq ans le dispositif permettant aux fonctionnaires ayant eu trois enfants et 15 ans de service de faire valoir leurs droits à la retraite avant l'âge légal. «Mais personne ne doit voir ses projets de vie bouleversés», a estimé Nicolas Sarkozy.

Une facture d'un milliard

Le chef de l'Etat a aussi demandé au gouvernement «d'améliorer» le dispositif des «carrières longues». «Tous ceux qui sont rentrés très jeunes sur le marché du travail, c'est-à-dire avant 18 ans, et qui ont toutes les années de cotisations requises, pourront continuer à partir à 60 ans, voire avant».

Ces aménagements présidentiels devraient «coûter aux alentours d'un milliard d'euros», selon le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, interrogé sur la radio BFM. Ce dernier évalue à 350 millions la facture pour les fonctionnaires parents de trois enfants. 100 000 personnes devraient être concernées par les mesures en faveur des carrières longues, et 30 000 par celles sur la pénibilité.

 

leparisien.fr

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