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30/05/2010

Réduction du temps de travail : les fausses idées

A - « Il faut partager le travail »

On peut critiquer l’idée du partage du travail en soulignant plusieurs erreurs d’analyse.

D’une part, le travail n’est pas une sorte de gâteau national qu’il suffirait de couper en parts plus fines pour que chacun en ait un peu. Le travail peut effectivement manquer dans certains secteurs alors qu’il y en a trop dans d’autres. La vraie question n’est pas : est ce qu’il y a du travail mais où pourrait-il y en avoir ? Et la réponse est du côté du marché : il y a du travail quand il y a des clients. Le vrai drame du chômage français, c’est que les gens sont incités à travailler là où il n’y a pas de clients . C’est cet aspect des choses qui n’est pas perçu, il faut raisonner en terme de qualité de travail et non en quantité globale de travail.

D’autre part, le travail n’est pas de la pâte à modeler que l’on peut casser en plusieurs morceaux et refondre ensuite en un bloc, sans perte. Un poste de travail ne se divise pas en deux demi postes ou en trois tiers poste, car les hommes ne sont pas malléables à volonté et qu’il faut compter sur des coûts de formation, d’information et de communication. Si on ajoute le poids des charges sociales, deux personnes sur un même poste coûtent au moins 20% plus cher qu’une personne sur ce même poste. Une entreprise de 10 salariés n’est donc pas comparable au niveau des coûts à une entreprise de 20 demi postes.

On peut également poser une autre question : Y a-t-il sur le marché des hommes capables d’occuper les emplois vacants ? On pourrait pu réduire le nombre de tableaux de Van Gogh ou le nombre de films de Lino Ventura. Est-ce que cela aurait crée du travail pour d’autres peintres ou comédiens ?

Quels que soient les arguments avançés, il est primordial de comprendre que le partage du travail n’est pas le partage de la richesse. Effectivement, que signifie diviser en deux le travail qui n’a aucune valeur ?

Dans une économie de marché, le travail n’a de valeur que celle que le client veut bien lui reconnaître. Ce n’est pas le patron qui paie le salarié pour le travail effectué, c’est le client qui paie le salarié pour le service rendu. Le patron n’a pas d’autre argent que celui que lui donne le client.

B - «  Il suffit de partager le travail pour résorber le chômage »

Ce syllogisme est inexact. Il se heurte à une simple observation : ce ne sont pas les pays qui sont les moins touchés par le chômage où l’on travaille le moins, bien au contraire. Prenons l’exemple des Etats-Unis et du Japon. On y travaille respectivement 200 et 350 heures par an de plus qu’en France, et pourtant le chômage y est nettement inférieur. Le taux de chômage est d’environ 4.6% aux Etats-Unis et de 4% au Japon, contre10.5% en France. En comparant les données fournies par l’OCDE concernant le taux de chômage, la durée du travail, les prélèvements obligatoires, chacun peut déduire qu’il existe des relations dangereuses ou vertueuses (cf. graphes de mise en corrélation entre taux de chômage, durée annuelle de travail et prélèvements obligatoires.)

 

 

Chômage et heures travaillées. Source : OCDE.

 

Chômage et Prélèvements obligatoires. Source : OCDE.

Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas parce que les horaires sont réduits que le taux de chômage est amoindri. Le premier graphique montre au contraire une forte corrélation entre une durée de travail élevée et un faible taux de chômage. Le second graphique montre une corrélation nette entre les taux de prélèvements et les taux de chômage importants.

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