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21/05/2008

Réorganisation du CNRS

Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) va être réorganisé en instituts, dont les directeurs seront nommés par le ministère, après un appel à candidature international, précise la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, dans un entretien au Monde daté de mercredi.

"Notre recherche souffre d'une organisation complexe et d'un morcellement de ses forces", observe la ministre. "Nous avons identifié six domaines où le CNRS exerce un leadership et qu'il a vocation à coordonner sur le plan national: mathématiques, physique, chimie, sciences de l'ingénieur, sciences humaines et sociales, écologie et biodiversité".

Les six instituts créés autour de ces disciplines s'ajouteront aux deux existants dans la physique nucléaire et les sciences de l'univers.

En revanche, le CNRS n'aura pas la haute main sur les sciences de la vie et sur l'informatique. "Dans ces secteurs, le CNRS a toute légitimité pour mener une recherche d'excellence, mais il ne s'impose pas comme le coordinateur national unique", précise Mme Pécresse. Il devra travailler dans le cadre d'un "pilotage conjoint" avec l'Inserm (santé), l'Inra (agriculture), le CEA (énergie atomique) et l'Inria (informatique).

Selon la ministre, ce découpage ne doit pas nuire à l'interdisciplinarité du CNRS, mais "décloisonner" et "simplifier" le système de recherche en France. Les directeurs des instituts nationaux seront "nommés par arrêté ministériel, sur proposition de la direction du CNRS", après un appel à candidatures international, précise la ministre.

"Le directoire collégial (composé des directeurs des différents instituts et directions) revitalisera l'interdisciplinarité", assure Mme Pécresse.

Les chercheurs ont manifesté en mars et avril contre le "découpage" de l'Inserm et du CNRS en instituts thématiques. Ils craignent à la fois un cloisonnement des thématiques de recherche, un affaiblissement de la recherche fondamentale, et un pilotage plus étroit de la recherche par les pouvoirs publics.

Jacques Fossey, administrateur du CNRS et membre du bureau national du Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS), majoritaire chez les chercheurs, "appelle la communauté universitaire et scientifique à réagir avant que l'irréparable soit fait par ce gouvernement" dans un communiqué mardi.

Les annonces de Mme Pécresse, avant la réunion le 22 mai du Conseil de préparation du schéma stratégique du CNRS, et avant le Conseil d'administration qui doit décider la restructuration de l'organisme le 19 juin montrent que "tout est entériné par le gouvernement avant même que nous nous réunissions", s'insurge-t-il.

"Les propos de la ministre montrent la volonté du président de la République de réduire à un rôle subalterne" le CNRS, ajoute le communiqué.


© 2008 AFP

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