Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/10/2007

Les Français favorables à la réformes des retraites

L'opinion est favorable à l'alignement des régimes spéciaux de retraite sur le système en vigueur dans la fonction publique.

 
LA RÉFORME des régimes spéciaux gagne du terrain dans l'opinion. Selon un sondage BVA pour Le Figaro et LCI, une très large majorité de Français (57 %) estime que le projet de réforme « va dans le bon sens », contre 32 % qui sont d'un avis contraire. Quant à la journée de grève, qui s'annonce massive à la SNCF et la RATP, ils ne sont que 43 % à la trouver justifiée, contre 55 % d'un avis opposé.
 
Autre enseignement de ce sondage, les trois quarts des Français sont favorables à l'instauration d'un service minimum dans les transports publics en cas de grève, qui sera applicable au 1er janvier. Ce qui ne favorise pas la position des grévistes. D'autant que 59 % des personnes interrogées estiment que ce mouvement est motivé par la défense d'intérêts particuliers et non par la défense des acquis sociaux dans leur ensemble.
 
« La fragilité de la position syndicale apparaît crûment lorsque l'on considère l'interprétation faite par l'opinion publique du mouvement du 18 octobre », souligne Jérôme Sainte-Marie, directeur du pôle Opinion de BVA. On est loin de l'approbation massive qui avait accompagné les grandes grèves de l'automne 1995 contre le plan Juppé sur la sécurité sociale. « La réédition du scénario de la grève par procuration ne paraît guère vraisemblable », estime Jérôme Sainte-Marie, qui parle même de « réforme par procuration ».
 
Tout naturellement, l'idée d'aligner les régimes spéciaux sur le régime de la fonction publique est plébiscitée par les électeurs de second tour de Nicolas Sarkozy (77,2 %). L'approbation est également massive, à 68,9 % chez les sympathisants du MoDem de François Bayrou. Il est vrai que, pendant sa campagne, le candidat centriste s'était prononcé pour « une refonte universelle » du système des retraites, englobant les régimes spéciaux.
 
Mais la réforme progresse aussi à gauche. Certes, 51,9 % des électeurs de Ségolène Royal désapprouvent le projet de loi, mais ils sont tout de même 38,8 % à estimer qu'il va dans le bon sens. Et le paradoxe veut qu'une majorité de 45,7 % des sympathisants socialistes l'approuvent, contre 43,8 %. Ce qui illustre les contradictions du PS, entre un Manuel Valls qui dit oui à l'alignement au nom de l'« équité » et des impératifs « financiers », et un Jean-Luc Mélenchon qui dénonce « le suivisme à l'égard de la droite, en pleine offensive contre les acquis sociaux des salariés ».
 
Un gouvernement «plus moderne»
 
Il y a un mois, le bureau national du PS a adopté une position commune embarrassée, assortie de critiques sur la méthode : oui à « une évolution négociée des régimes spéciaux », mais « dans le cadre d'une négociation globale des retraites des Français ». Pour les fabiusiens, partisans d'une « opposition frontale » à Sarkozy, « considérer qu'on va régler à 100 % le problème des retraites en démantelant les régimes de 2 % des salariés est un mensonge ».
 
Autre bonne nouvelle pour le gouvernement, il est jugé « plus moderne » et « plus proche des préoccupations » des Français que les syndicats. « Le gouvernement devra cependant apporter un soin tout particulier à ne pas sembler arrogant sur le sujet, les syndicats faisant pour l'heure jeu égal avec lui sur la question de celui ayant l'attitude la plus conciliante », fait observer Jérôme Sainte-Marie. « L'opinion publique pourrait d'autant plus soutenir les projets gouvernementaux sur les régimes spéciaux qu'elle n'est guère concernée par ceux-ci, cependant que le vaste mouvement réformateur annoncé suscite en elle beaucoup d'espérances mais aussi quelques appréhensions », conclut le directeur de BVA Opinion.
 

Les commentaires sont fermés.