Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/04/2007

Clivages sur la fiscalité

Le revenu disponible brut par habitant
Le revenu disponible brut par habitant

La fiscalité, c'est la dernière frontière, le lieu où s'exprime le plus nettement les clivages. Fidèle au corpus théorique de la droite pour qui le poids excessif des impôts décourage l'initiative et nuit à la compétitivité économique, le programme de Nicolas Sarkozy se fixe comme cap la baisse des prélèvements obligatoires. Les étapes pour atteindre cet objectif sont en particulier l'instauration du bouclier fiscal à 50 % des revenus (y compris CSG et CRDS), la suppression des droits de succession pour 90 % à 95 % des Français et une réforme de l'ISF qui permet de le vider de sa substance sans le supprimer. Fidèle également à son slogan de réhabiliter la " valeur travail ", le candidat de l'UMP a fait un pas vers la TVA sociale en souhaitant une expérimentation.

Du côté de Ségolène Royal, pour qui " les choix fiscaux sont des choix de société ", l'impôt est finalement un instrument au service d'une politique. À enveloppe de prélèvements constants, la candidate socialiste entend revenir sur les baisses d'impôts accordées aux plus aisés depuis 2002. Depuis la polémique déclenchée par François Hollande, les socialistes ne donnent guère plus de précision. On sait seulement qu'ils reviendront sur le bouclier fiscal. Convaincue que l'impôt ne joue plus son rôle redistributif, Ségolène Royal se prononce pour une fusion de l'impôt sur le revenu avec la CSG en un impôt unique doté d'une assiette plus large mais progressif et sans niches fiscales. Sur l'impôt sur la fortune (ISF), alors que le rapport Marc-Migaud-Strauss-Kahn sur la fiscalité lui recommande de s'opposer à une mise en cause de cet impôt sur le patrimoine, Ségolène Royal apparaît dans son livre favorable à certaines évolutions.

L'ISF est aussi l'une des préoccupations de François Bayrou. Le candidat de l'UDF est favorable à sa réforme via l'instauration d'un taux unique faible (un pour mille) (0,1 %) applicable sur une base élargie. Ayant d'abord envisagé de réintégrer l'outil de production dans cette assiette, il y a renoncé. Comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou veut aussi alléger les droits de succession en faisant passer le seuil d'exonération en ligne directe à 200.000 euros. Et comme Ségolène Royal, il raisonne à prélèvements obligatoires stables.

Les commentaires sont fermés.