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19/03/2007

Sarkozy et les jeunes

« N'ayez pas peur de faire de grands rêves », a lancé le candidat aux 10 000 jeunes réunis au Zénith de Paris.

 
Au Zénith de Paris, hier, près de la porte de Pantin, Nicolas Sarkozy s'est fait le chantre de « l'amour » devant près de 10 000 jeunes sarkozystes. Un spectacle très rythmé, qui a été précédé par les galipettes des Yamazakis, ces jeunes des cités, produits au cinéma par Luc Besson, qui sont devenus acrobates de rues.
 
Les jeunes et Sarkozy : le sujet est parfois délicat. Nicolas Sarkozy compte en effet ses électeurs les plus sûrs chez les plus de 50 ans. Et un candidat de droite, doublé d'un ministre de l'Intérieur, n'est pas considéré spontanément populaire auprès de la jeunesse. Pourtant, les sondages indiquent que le ministre-candidat dispute la première place à Ségolène Royal chez les 18-24 ans. Certes, l'intéressé, reçu sur les ondes de SkyRock, samedi matin, a avoué qu'il ne savait pas ce qui « oinj » voulait dire en « verlan » - « joint », lui a traduit l'animateur Difool, surpris d'une telle ignorance du « parler jeune ».
 
Mais, dans une salle remplie jusqu'aux cintres, et saturée de cris et de banderoles multicolores proclamant « les jeunes avec Nicolas Sarkozy », le candidat pouvait au moins compter sur la présence du chanteur de raï Faudel, rallié à sa cause depuis longtemps. Lequel a chanté quelques couplets de la chanson Mon pays. Il était le seul « people » présent - le sarkophile Doc Gynéco n'était pas là - et il a ainsi salué Sarkozy : « T'as pas eu peur d'exposer les vraies vérités. » « C'est le candidat de notre génération, parce que c'est lui qui incarne le changement », a lancé Laurent Wauquier, benjamin de l'Assemblée nationale, devant les fans du candidat.
 
«La promotion d'une culture commune»
 
En s'adressant aux jeunes, Nicolas Sarkozy a voulu éviter le discours catégoriel, fait de promesses chiffrées, de bourses d'études et de prêts étudiants à taux zéro. Seule promesse, celle d'un « plan Marshall pour la formation des jeunes ». Il s'est davantage placé du point de vue des défis et des principes. La jeunesse ?
 
C'est « cette envie de vivre jamais satisfaite, ce qui peut expliquer que le bonheur serein n'est pas souvent l'affaire des jeunes ». Pour illustrer ce propos, il cite Baudelaire : « Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage/Traversé çà et là par de brillants soleils », il a voulu exalter « l'envie de vivre », « le désir de faire », et « l'amour ». Quelle philosophie de la vie ? Saluant la figure de Jean-Paul II, il a lancé aux jeunes : « N'ayez pas peur de faire de grands rêves pour votre vie, parce que si vous ne faites pas de grands rêves, personne ne le fera à votre place ». « Je veux proposer aux jeunes Français une grande ambition, parce que les petites sont médiocres ! », s'est-il encore exclamé en se dressant contre « cette mode » qui est « à la détestation de soi, de la famille, de la nation, de la société, de la culture... de l'Occident, de la religion, de la morale, du devoir... ». Une façon, aussi, de revenir sur l'identité nationale : « Je veux la promotion d'une culture commune : celle de la France avec son identité, ses valeurs et ses convictions. »
 
Citant même la laïcité voulue par Jacques Chirac alors qu'il était défavorable à une loi sur le sujet, en 2004. Il s'est enfin placé sous le signe du pasteur Martin Luther King, en théorisant longuement la « fraternité » entre les races, les religions, les cultures. Et il a promis de « garder sa capacité d'indignation ». En citant, comme il le fait régulièrement, le Darfour, - « scandale inacceptable » -, la Tchétchénie - « une horreur ». « On a voulu montrer que Sarko a un coeur gros comme ça », a glissé, un brin ironique, Henri Guaino, la plume de Nicolas Sarkozy.

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